Paul-Armand Gette

Sans titre


TL – Qu’est-ce que c’est que ça ?

PA – Une composition et un résumé.

TL – Pas de pirouette je te prie. Je vais être obligée de répondre à des questions et avec ton « résumé » comme tu l’appelles, les gens ne vont pas voir du tout ce que tu résumes en mettant la main dans une de mes culottes quand je n’y suis pas.

PA – Tu n’es pas où ?

TL – Dans mes culottes et ce n’est pas parce que généralement je n’en porte pas que tu peux t’amuser avec.

PA – Je ne m’amuse pas, je suis dans une pratique de l’art. C’est agaçant ce goût continuel pour l’explication, il suffit de regarder, tout y est dans ma composition !

TL – Peut-être, mais elle a une drôle d’allure ta rose.

PA – D’abord ce n’est pas la mienne. C’est Yves et Vincent qui me l’ont offerte et après l’avoir photographiée, je vais la manger. Suite

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Plat du jour

Quand l’eau du Verdon monte à la tête de Madame la Mairesse

Méfiez-vous, éviter soigneusement Moustier Sainte-Marie, il y souffle un air de censure, l’élue du coin a un goût certain pour le contre-plaqué, elle en recouvre les œuvres d’art. C’est les grotesques qui dérangent la dame. Ce qui est grave, c’est qu’elle va avoir du boulot et contribuer ainsi à la déforestation de la planète.

Pourtant dans le musée de la Faïence la Diane se baigne avec ses Nymphes dans un petit bassin, elles sont toutes nues les belles demoiselles si Madame la Mairesse regarde le joli plat elle va se retrouver biche aussi sec, alors vite un petit bout de contre-plaqué sinon ils vont rigoler les habitants du village en chantant « biche, ma biche » quand ils la croiseront !

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Plat du jour

Si on n’y prend pas garde on acquiert vite des idées de grandeur, et alors bonjour les dégâts. Asservir l’autre devient l’objectif à atteindre, nos têtes à claques sont passées maître en ce domaine et n’aiment pas trop les sujets qui poussent au noir. Je dis le noir, parce que le rouge à force de se rouler dedans ils lui ont fait perdre beaucoup de son intensité, avec le noir c’est une autre musique bien que celle-ci ils n’ont guère envie de l’entendre.
TL – Il faut surveiller ton alimentation, mon Paulo. Je crois qu’une infusion de queues de cerise te ferait le plus grand bien !
PA –Fait attention, ton langage est d’un vulgaire. Les cerises n’ont pas de queue, mais un pédoncule qui supporte une drupe.
TL – Je veux bien te faire plaisir si tu crois que pédoncule est plus correct que queue, mais ça ne change rien à l’infusion, va la boire.

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Plat du jour

La « toile » appelée encore « réseaux sociaux » est certes un moyen de collecter des informations au détriment du public, c’est aussi pour les artistes un espace illimité de faire circuler le résultat de leurs explorations.. Bien sûr, il tient du cloaque et pas qu’un peu, mais pas plus étendu que certains espaces consacrés à l’art, alors n’hésitons pas à y placer nos hommages aux muses, à la surface boueuse de ce lac d’ordures ces roses feront un agréable contraste.
TL – Hou la la, le Paulo, il est en forme ce matin.

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Plat du jour

On n’arrête pas de me reprocher mes sujets, les petites culottes, le toucher du modèle et sa toilette intime, les menstrues de la déesse et son soulagement. On les isole du contexte de ma démarche pour mieux les discriminer et souligner qu’il faut être un bien dégoûtant personnage pour s’en occuper. On s’inquiète des suites que je vais donner à tant d’obscénités en oubliant que je n’écris pas le mot de cette façon, que l’introduction d’un tiret entre ob et scénité en élargie considérablement le sens, mais qui s’inquiète de sens.
TL – Alors qu’est ce que tu vas faire ?
PA – Rien du tout, comme d’habitude continuer.

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Plat du jour

Tenebria Lupa et moi avons beaucoup frétillés grâce à vous toutes et tous. Elle me pose seulement une question concernant la langue française, elle comprend que « toutes » perde un e au masculin mais pourquoi aussi un t. Je lui ai répondu que nous n’avons jamais rien fait pour faciliter la vie des étrangers.
TL – Tu es pourtant bien accueillant et j’aime bien ta langue.
(J’en rougis de plaisir, toutefois je lui demande si elle a bien saisi le sens du mot.)
TL – Si tu me prends pour une idiote, je vais te la mordre la prochaine fois.
PA – …

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Plat du jour

Merci à celles (ceux) qui lisent nos conversations incestueusement soeurales (TL/PA), et comme nous sommes exhibitionnistes c’est pour nous un grand réconfort de sentir vos yeux sur nos mots et quand vous nous en faites part nous frétillons de plaisir.

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La totalité est dans les marges – Edouard Glissant

Ce n’est pas une citation longuement réfléchie, je viens de la lire et elle tombe bien, à sa place devrais-je dire. C’est une belle rencontre, un peu comme le galet que nous avons ramassé dans le lit du Lignon où dans le lit de la Nymphe, même si Tenebria m’a fait remarquer qu’il n’y avait pas de galets dans les lits. Alors disons le autrement, la nymphe nous a guidé vers lui parce que c’était celui qu’elle voulait voir dans la Chambre de contemplation que je préparais. Elle me dit que cette explication ne vaut pas plus que l’autre, et qu’en réalité il pleuvait, que nous sommes sorties de la voiture et avons gagné le bord de la rivière où nous avons ramassé le premier galet venu. Je ne vais pas la contrarier, les trois versions me conviennent très bien, je vous laisse choisir. « La chambre de contemplation » c’est bien là-bas qu’elle m’est venue à l’idée, j’avais parlé il y a longtemps de la contemplation des chefs d’œuvre et naturellement les deux se suivent. Les chefs d’œuvre sont ceux d’artistes que j’aime Botticelli, Lotto, Cranach, Boucher, Watteau et quelques autres. Avec la «chambre» je définissais plus précisément l’espace de la «contemplation» qui devenait un lieu restreint. J’espère que vous appréciez la facilité que j’ai de faire des rapprochements pour que vous ne vous perdiez pas dans les fourrés d’une profonde incertitude. La « chambre » est bien l’espace parfait pour la « contemplation », celui de l’intensité du regard et du toucher qui le concrétise. Suite

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Réflexions!

PA – Les discussions vont bon train, sur la matérialité de l’art et corolairement sur sa valeur marchande, on pourrait y ajouter sur sa pérennité qui elle de toute façon est très relative, elle dépend de l’échelle de temps que l’on lui applique.
TL – C’est tout pour ce matin ?
PA – On pourrais aussi parler un peu des conditions de vie de l’artiste, mais là on va vraiment fâcher tout le monde.

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Plat du jour

Voilà, ça y est, nous avons franchi le cap de l’allongement des jours, maintenant ils vont diminuer, plus que six mois à attendre pour qu’ils se remettent à croître, ce n’est pas grand chose six mois, mais tout de même, même en liberté surveillée, très surveillée si j’en crois, ce que je vois par ci par là, enfin un peu partout. Ils piaffent d’impatience les bien pensants en tout genre, ils s’y raccrochent à leur connerie, ils l’aiment, que dis-je, ils l’adorent, au point de nous taper dessus, pour qu’on en fasse autant, ils tiennent à la partager, c’est ça la charité, ce serait dommage de tout garder pour soi, vous avez dit « égalité » et bien voilà celle que nous voulons, que vous soyez comme nous, nos sœurs et frères en connerie, laissez venir à nous les petits enfants, nous allons nous en occuper, il n’y aura plus de problèmes.
TL – Enfin tu l’as fini ta phrase ! Tu n’es pas gai ce matin.
PA – En effet

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