Paul-Armand Gette

Suite

TL – Qu’est ce que tu racontes, et où as-tu vu une maitresse d’école à Beaubourg, c’est un musée pas une école communale.
PA – Encore une fois, tu as raison. J’ai de mauvais souvenirs de l’école et je n’aime pas les retrouver, alors quand je les retrouve je suis de mauvaise humeur. A propos de ce devoir j’ai entendu parler de « pédagogie » et je n’aime pas beaucoup les pédagogues. Par contre, j’aime bien que le verbe nuire devienne « nuit » à la troisième personne du singulier et au présent.
TL – Oufa ! Bonne nuit Mon petit Paul ou Mon cher Paulo si tu préfères. Tu viens te coucher? On va appliquer les conseils de Monsieur Marcel ?
PA – Lesquels ?
TL – Tu verras.

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Trop de pédagogie nuit!

Ce qu’une triste maitresse d’école étire à propos de Duchamp est ennuyeux. Monsieur Marcel (et les enfants) ne méritait pas cette lourde dissertation.

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Petite conversation


TL – T’étais où ?

PA – Je t’en prie ne parle pas comme un homme politique, tu as plus de 400 mots dans ton vocabulaire. Si tu veux tout savoir, j’étais là-bas.

TL – C’est où là-bas ?

PA – C’est loin, enfin pas très.

TL – Ah, je me souviens, tu es allé voir ta belle japonaise et elle était contente de te voir ?

PA – Ça, tu n’as qu’à lui demander, mais je ne pense pas qu’elle te réponde.

TL – C’est tout ce que tu as fait, de lui photographier les pétales.

PA – Ce n’est pas tous les jours que j’ai la chance de pouvoir le faire.

TL – Et moi quand est-ce que tu me les photographieras les pétales ?

PA – Je doute que tu me permettes alors de les montrer.

TL – Commence à les photographier, on verra après.

PA – On va avoir des histoires !

TL – Pourquoi, tu montres bien les siens.

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Réflexion matinale

La scène politique me fait penser à ces horloges astronomiques où les petits paltoquets reviennent inlassablement faire un mauvais tour. Il sortent par une porte et reviennent inlassablement par l’autre même si nous n’avons aucune envie de les revoir. Ce serait pourtant simple de ne plus remonter le mécanisme pour les vouer à une immobilité définitive. Ce n’est même pas la peine de casser l’horloge, juste un petit tour de clef à ne pas donner pour les figer sur place et c’est nous qui avons la clef.
TL – Tu penses bien ce matin, c’est une fable ?
PA – Non un conseil.

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Conversation matinale

Pendant que les têtes à claques règlent leurs comptes à coups de dents comme des chiens autour d’un tas d’ordures, les autres rentrent.
TL –Cet affligeant spectacle ne t’empêche pas d’avoir ton air rigolard.
PA – Je rigole à moitié, les chiens je ne les aime pas. Quant à ceux qui rentrent, ils me rappellent trop le temps où je rentrais moi-même et tu peux croire que toutes ces « rentrées » m’ont bien pourries la vie.
TL – Maintenant tu ne rentres plus ?
PA – Le moins possible, même si je ne suis pas un grand amateur de déplacement. Je me méfie.
TL – On se demande bien de quoi ?
PA – Des chiens et des têtes à claques.
TL – La journée commence bien, aujourd’hui je ne vais rien pouvoir en tirer. Il est buté ce mec !

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Sans titre


TL – Qu’est-ce que c’est que ça ?

PA – Une composition et un résumé.

TL – Pas de pirouette je te prie. Je vais être obligée de répondre à des questions et avec ton « résumé » comme tu l’appelles, les gens ne vont pas voir du tout ce que tu résumes en mettant la main dans une de mes culottes quand je n’y suis pas.

PA – Tu n’es pas où ?

TL – Dans mes culottes et ce n’est pas parce que généralement je n’en porte pas que tu peux t’amuser avec.

PA – Je ne m’amuse pas, je suis dans une pratique de l’art. C’est agaçant ce goût continuel pour l’explication, il suffit de regarder, tout y est dans ma composition !

TL – Peut-être, mais elle a une drôle d’allure ta rose.

PA – D’abord ce n’est pas la mienne. C’est Yves et Vincent qui me l’ont offerte et après l’avoir photographiée, je vais la manger. Suite

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Plat du jour

Quand l’eau du Verdon monte à la tête de Madame la Mairesse

Méfiez-vous, éviter soigneusement Moustier Sainte-Marie, il y souffle un air de censure, l’élue du coin a un goût certain pour le contre-plaqué, elle en recouvre les œuvres d’art. C’est les grotesques qui dérangent la dame. Ce qui est grave, c’est qu’elle va avoir du boulot et contribuer ainsi à la déforestation de la planète.

Pourtant dans le musée de la Faïence la Diane se baigne avec ses Nymphes dans un petit bassin, elles sont toutes nues les belles demoiselles si Madame la Mairesse regarde le joli plat elle va se retrouver biche aussi sec, alors vite un petit bout de contre-plaqué sinon ils vont rigoler les habitants du village en chantant « biche, ma biche » quand ils la croiseront !

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Plat du jour

Si on n’y prend pas garde on acquiert vite des idées de grandeur, et alors bonjour les dégâts. Asservir l’autre devient l’objectif à atteindre, nos têtes à claques sont passées maître en ce domaine et n’aiment pas trop les sujets qui poussent au noir. Je dis le noir, parce que le rouge à force de se rouler dedans ils lui ont fait perdre beaucoup de son intensité, avec le noir c’est une autre musique bien que celle-ci ils n’ont guère envie de l’entendre.
TL – Il faut surveiller ton alimentation, mon Paulo. Je crois qu’une infusion de queues de cerise te ferait le plus grand bien !
PA –Fait attention, ton langage est d’un vulgaire. Les cerises n’ont pas de queue, mais un pédoncule qui supporte une drupe.
TL – Je veux bien te faire plaisir si tu crois que pédoncule est plus correct que queue, mais ça ne change rien à l’infusion, va la boire.

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Plat du jour

La « toile » appelée encore « réseaux sociaux » est certes un moyen de collecter des informations au détriment du public, c’est aussi pour les artistes un espace illimité de faire circuler le résultat de leurs explorations.. Bien sûr, il tient du cloaque et pas qu’un peu, mais pas plus étendu que certains espaces consacrés à l’art, alors n’hésitons pas à y placer nos hommages aux muses, à la surface boueuse de ce lac d’ordures ces roses feront un agréable contraste.
TL – Hou la la, le Paulo, il est en forme ce matin.

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Plat du jour

On n’arrête pas de me reprocher mes sujets, les petites culottes, le toucher du modèle et sa toilette intime, les menstrues de la déesse et son soulagement. On les isole du contexte de ma démarche pour mieux les discriminer et souligner qu’il faut être un bien dégoûtant personnage pour s’en occuper. On s’inquiète des suites que je vais donner à tant d’obscénités en oubliant que je n’écris pas le mot de cette façon, que l’introduction d’un tiret entre ob et scénité en élargie considérablement le sens, mais qui s’inquiète de sens.
TL – Alors qu’est ce que tu vas faire ?
PA – Rien du tout, comme d’habitude continuer.

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