Paul-Armand Gette

Fontchaude

TL – Tu es en train de faire ta liste des grottes, cascades, fontaines et autres sources d’écoulements que tu aimes tant ?
PA – Pas encore, mais je m’en occupe.
TL – J’ai l’impression que je vais l’attendre longtemps celle-là.
PA – J’ai dit que j’allais la faire, pas que j’allais la rendre publique.
TL – Oui, mais moi je ne suis pas publique, alors tu me la montreras ?
PA – Je te donnerais quelques exemples de mes préférées, aujourd’hui je t’offre la source chaude de l’étroite vallée près de Digne.
TL – Je la connais, 12°Celsius ce n’est pas si chaud que ça, tu aurais pu faire mieux.
PA – Pardonne moi, ce n’est pas moi qui fais chauffer l’eau !
TL – Ah je t’en prie, pas d’allusion douteuse.
PA – Une autre fois je t’entretiendrais d’une qui sort à 37°…
TL – Là, tu exagères ! Je te vois venir. Ne compte pas sur moi Enna a déjà donné.

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Cascade

TL – Tu dors ?
PA – Non pas spécialement, je me demande pourquoi l’eau qui coule exerce une si grande fascination.
TL – C’est toi qui es fasciné.
PA – D’autres aussi parmi les artistes, de Cranach à Duchamp…
TL – Ça, c’est toujours toi.
PA – Tu as sans doute raison, je vais faire une petite liste, en attendant regarde cette cascade qui aurait pu être celle d’Étant donnés.
TL – Ce n’est pas une cascade qu’il nous a montré, c’est une chute d’eau.
PA – J’aime bien aussi voir l’eau chuter.

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Le jeu de la rose (Gabriela-PA)

TL – Qu’est-ce que tu vas faire ?
PA – Je ne sais pas trop, continuer sans doute, un peu à l’aveugle, attendre pour voir venir, enfin tu connais ma manière de faire, en marge…
TL – Ah oui, je connais, on ne sait jamais à la marge de quoi, mais ma question n’a pas reçu de réponse.
PA – Tu n’as qu’à faire comme moi, comme ça on attendra ensemble ce sera moins triste

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Errare humanum est, perseverare diabolicum!

TL – Je ne t’ai pas demandé d’aller explorer tes dessins, tu fais erreur il me semble.
PA – Oh pardon, où avais-je la tête.
TL – Pour le moment j’ai l’impression qu’il s’agit d’une main plutôt que d’une tête, c’est un bon commencement!

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Découverte!

TL – Tu n’en finis plus de te promener sur ce que tu appelles des « Terres inconnues ». A mon avis, elles ne sont pas si inconnues car finalement tu y rencontres beaucoup de monde.
PA – Beaucoup, tu exagères. Je ne suis pas un explorateur solitaire, j’ai un peu de compagnie heureusement. Nous nous serrons les uns contre les autres pour nous rassurer.
TL – Oui, ça ne m’étonne pas, toi qui aimes ce qui est à portée de la main, si vous êtes un peu serrés, tu ne vas t’en plaindre.
PA – Qu’est ce que tu as ce matin, tu me cherches des noises ?
TL – Je ne cherche rien du tout, mais moi aussi je suis une terre inconnue, alors tu n’as pas besoin de courir au diable.
PA – Il y a longtemps que je n’avais pas entendu une chose aussi agréable. J’arrive !

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C’est une évidence!

TL – Tu aimes bien le Web log ?
PA – Pas spécialement, mais c’est une évidence. On peut s’y exposer …
TL – Il y a les musées pour s’exhiber.
PA – Oui c’est vrai, il faut y aller, payer et ils sont un peu à coté de la plaque.
TL –De quelle plaque s’agit-il ?
PA – De celle qui dérive vers un autre continent, celui des « Terres Inconnues ».

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A propos de fontaine


TL – J’espère que tu n’as plus soif et que tu t’es bien reposé. Encore une fois, tu as trouvé un moyen pour en faire le moins possible comme d’habitude. Je te félicite.
PA – Tu as terminé, je peux en placer une ou tu continus ta scène de jalousie ?
TL – Pour le moment j’ai fini, mais normalement, c’est moi qui écris sur tes aventures seraient-elles ondinistes.
PA – Bravo, je vois que tu enrichis ton vocabulaire tous les jours, mais ce que j’ai appelé en 2009 Effets et conséquences de la mécanique des fluides couvre assez bien une partie de mes préoccupations.
TL – J’entends bien, tu es toujours très fort pour trouver des titres derrière lesquelles tu caches des intérêts bien triviaux.
PA – L’adjectif est bien choisi, mes intérêts n’empruntent jamais une seule voie, donc trois me conviennent très bien.
TL –Tu joues sur les mots sans que je sois dupe. Je t’ai entendu quand en 2005, au Château Lacaze, tu faisais rigoler les enfants en racontant que la déesse Artémis faisait pipi dans les ruisseaux.
PA – C’est bien ce que je disais…
TL – Oui, oui et tu es tout content que Gabriela te fasse découvrir la petite fontaine de la rue du Faubourg Saint Antoine, puis se penche sur ton parcours humide !
PA – Regarde couler l’eau du bain, ça te changera les idées !

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La fontaine (suite et fin)


…une rose toute rose.

En fin lecteur d’indices, vous avez exposé votre lecture audacieuse – et pourtant soutenue par des signes évidents – de ladite Nymphe à la fontaine de Cranach. On n’a pas voulu voir ce que Cranach y a mis de manière détournée : la miction d’Artémis. Vous m’avez parlé aussi, quelque temps après, du tableau de Lorenzo Lotto, celui de Vénus et Cupidon – je me suis soudain souvenue de ce tableau qui m’avait tant amusée et que j’avais photographié au Metropolitan. Mais je remonte le temps pour revenir à notre petite excursion urbaine. Il a été si plaisant de pratiquer, ce jour-là, à la manière de Cranach plutôt que de Lotto, le chemin qui nous conduisit à cette petite fontaine où je voulus abreuver une rose toute rose. Le temps de cette poïesis, j’ai vu la métaphore pointer le bout de son nez entre nous deux – ou, oserais-je dire, plutôt, qu’elle nous a fait la grâce de retrousser son peplos à la manière de Baubô?

Gabriela Patino-Lakatos

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La fontaine (suite)


Le soulagement de Diane, Enna – 2001

Certes, le thème des épanchements liquides apparaît souvent représenté de diverses façons, plus ou moins discrètement, dans l’histoire de la peinture. Nous en avons parlé. Je ne songe pas à vrai dire aux sujets aquatiques, aux nombreux paysages maritimes et fluviaux, aux représentations des vagues mouvantes, récurrents dans la peinture – tous étant des sujets liés d’une manière générale aux épanchements liquides, ils en donnent à voir des aspects très différents. La source, la fontaine, évoquent une signification particulière : elles sont tributaires d’un évènement très précis, celui d’une poussée qui aboutit à l’écoulement d’un jet clairement identifiable (cf. Complément d’information, 21.02.2010) Il ne s’agit nullement d’eaux dormantes, statiques, ni même confusément ou légèrement agitées. L’image du ruissellement est si proche du soulagement, dont la miction est une variante digne d’intérêt pour un artiste comme vous.

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La fontaine (suite)


Les menstrues de la déesse – Connie, 2000
Ce n’est pas par hasard que je vous ai proposé, Paul-Armand, de faire l’expérience de nous rendre à la petite fontaine de la rue du Faubourg Saint-Antoine – j’étais certaine que vous seriez sensible à cette variante du thème des états passionnels du corps et de la terre, vous qui n’avez pas reculé devant l’audace de nous montrer votre vision des rapports entre les sucs et les menstrues, de nous entretenir à propos des soulagements et de la miction d’Artémis. Je n’ignore pas que vous aimez regarder du côté des grandes déesses païennes, Aphrodite et Artémis, Vénus et Diane, – qui plus est, entrapercevoir les mystères de l’heure du bain et des ablutions de ces redoutables dames. Vous avez même entrepris d’approcher les nymphes des lacs, des sources, des rivières et des plages. La déesse de l’amour, vous n’avez pas manqué de le relever encore récemment, a été conçue dans l’écume fécondante de la mer – c’est presque dans ces conditions, qu’à Nonza, durant l’été 1963, « La Grande Déesse » (cf. Chapitre I – 05. 09. 2007) a vu le jour, puisque vous l’avez érigée sur la plage, avec les débris que la mer vous avait offerts.
à suivre

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