Paul-Armand Gette

Suite (encore !)


TL – Tu vas faire défiler toutes tes amies ?

PA – J’aimerais bien !

TL – Et bien, pas moi. Tu nous en as déjà montré beaucoup ici même et je dois reconnaître que si le végétal a retenu  votre attention, le minéral est loin d’être absent. Comme c’est moi qui suis ton historienne attitrée (après Lydie toute fois), j’aimerais bien avoir de temps en temps l’initiative de ce que tu racontes et qu’au lieu de faire ton papillon ce soit mon tour de poser les questions et que tu cesses de répondre n’importe quoi suivant ta méthode habituelle.

PA – Je t‘écoute. Suite

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Hans-Peter Feldmann

Hans-Peter Feldmann

Galerie Martine Aboucaya

5, rue Sainte Anastase, 75003 Paris

mardi-samedi 12h-20h

C’est un peu inhabituel qu’un artiste parle d’un autre artiste , mais devant le silence de la critique ou son ignorance, sait on jamais, il est parfois nécessaire de prendre la parole. Alors allez y, vous avez jusqu’au 8 mai pour profiter de son humour et de son sens de la situation, c’est rare aujourd’hui.

Merci, cher Hans-Peter, depuis les «Bilder» des années 70, vous n’avez pas perdu la main !

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Suite (Botanique)

TL – Tu vas nous en sortir beaucoup dans le même genre ?

PA – Beaucoup, je ne sais pas, quelques-unes certainement. Je ne parlerais pas aujourd’hui des fraises que Martine, Odile et Laurence, utilisèrent pour me montrer comment elles voyaient les menstrues de la déesse, par contre je peux te faire une petite liste : les algues avec Sophie, les figues avec Colette, les raisins avec Laure, les orchidées avec Thérèse, les cerises avec Rrose…

TL – Et c’est toi qui proposais ces intéressantes suggestions ?

PA – Je crois me souvenir que les algues et les orchidées étaient de mon cru, les figues et les raisins du leur. Ah, j’oubliais les mousses, l’aquatique avec Isabelle, la terrestre avec Laurence…

TL – Vous vous êtes bien amusés avec la Botanique, c’était autre chose que les excursions de ton copain Linné.

PA – D’abord Linné n’était pas mon copain, mais un de mes maîtres et je ne suis pas allé voir ce qu’il faisait quand il était avec sa chère Flora. Quant à nous (mes amies et moi) c’était souvent la mythologie qui guidait nos gestes. Avec Rrose nous évoquions Le temps des cerises, avec Sophie nous refaisions la naissance de Vénus en nous inspirant de Botticelli, avec Laurence c’était la manière dont elle voyait Artémis tout en m’assurant que je ne risquais rien.

TL – Et la déesse s’accommodait de vos histoires à la con ?

PA – Sans doute, puisque je suis encore là.

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Nouvelle

J’apprends que deux battants de portes que j’avais ornés d’empreintes de papier froissé à l’époque des Calcinations sont mis en ventes par les Matarasso. C’était un cadeau fait à des amis pour leur appartement. Je me demande pourquoi ils ne mettent pas aussi les chiottes en vente, Armand et moi y avons certainement pissé plusieurs fois, ça doit faire des sous aujourd’hui.
Quand des cadeaux ne me plaisent plus, je les fous à la poubelle je ne les vends pas.

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3 Voeux

J’aimerais pouvoir donner Les menstrues de la déesse à Venise pour colorier un peu le Grand Canal et la lagune.
J’aimerais exposer l’ensemble de La liberté du modèle dans un musée parce que les galeries sont trop petites pour le faire, mais eux ils ne veulent pas, les galeries non plus !
J’aimerais faire une exposition sur les culottes et les entre-jambes en invitant celles et ceux que le sujet concerne.
J’aimerais vraiment.

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Divertissements botaniques

PA – Je ne vais pas m’étendre à nouveau sur les charmes de la promenade et de l’herborisation sinon pour déplorer leur abandon quasi total.

TL – C’est ça, ne t’étends pas. Après l’entomologie, tu vas nous jouer un petit air de botanique, où veux tu en venir ?

PA – Aux divertissements qu’offre le monde végétal, tels que j’ai pu les rencontrer…

TL – Je te vois venir, on va avoir droit à une lecture sans fin dont tu as le secret ou à la florula de la rive droite de la Seine à Paris à moins que tu préfères les bords de la Tamise à Londres qui datent des années 70 et que tu vas ressortir de tes cartons.

PA – Je t’en prie cesse d’étaler ton savoir, je pense plutôt aux évocations de ma chère Artémis par le biais des Artemisiae que même pas toi n’a songé à réunir pour les porter à la connaissance du public qui n’aurait pas manqué, j’en suis certain, de s’en réjouir et de s’en inspirer.

TL – Je me demandais bien pourquoi tu récoltais en si grande abondance des feuilles de la vulgaris et de la maritima, maintenant je comprends c’était pour les proposer comme ornements à ton amie Enna. C’est vrai que vous êtes des artistes tous les deux et que réunis vous ne pouvez faire rien d’autre que de l’art. cqfd !

PA – Je pensais même pouvoir proposer cette approche de la nature dans les écoles.

TL – Bonne idée si tu veux finir lyncher sur le trottoir devant chez toi, c’est dangereux en ce moment de dire des choses pareilles.

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Biennale de Venise

Cette année le pavillon français à Venise cherche des idées. Il faut être en couple pour postuler, un artiste un commissaire, curieux couple mais enfin pourquoi pas.
Deuxio, il faut avoir une idée et en principe ce n’est pas ça qui me manque, c’est le commissaire qui me gène. L’idée, je l’ai depuis longtemps et je vous l’offre volontiers : Les menstrues de la déesse, dans ou à l’extérieur du pavillon. Il suffit d’un beau bloc de lave du Vésuve, 500 kg de belles fraises et une trentaine de litres de coulis de framboises. Le jour de l’inauguration vous jetez les fraises sur le bloc et arrosez le tout avec le coulis.
A défaut d’attirer les foules on fera plaisir aux mouches !

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Et ça continu


TL – Avec tes têtes à claques sortant de moules à gaufres officiels, je suis un peu perdue. Je ne savais pas que l’on fabriquait de telles têtes avec de pareils outils, c’est pittoresque, vous êtes des artistes dans ton pays.

PA – Des artistes je ne sais pas. Des abrutis plus certainement pour les supporter en silence. Peut-être qu’un jour nous allons faire le ménage.

TL – Tel que je vous connais j’en doute. En attendant quand je regarde par-dessus ton épaule, je constate que tu ne manques pas d’amies charmantes. Après Tuula qui en Finlande touche les déesses pour toi, Rrose attire les papillons en plein hiver et tu fais ton entomologiste empressé. J’ai bonne mine avec mes culottes rouges.

PA – Pas de crise de jalousie, je te prie. Tu fuis dans ton Etrurie natale quand tu ne peux plus supporter les têtes à claques et tu me laisses avec, alors j’ai besoin de Vanessa, de déesses et aussi de tes culottes rouges pour pouvoir continuer à vivre en si fâcheuse compagnie.

TL – Comme je ne porte pas les rouges toute l’année, je vais venir te réconforter avec un petit spectacle étrusque et t’en montrer d’autres en attendant l’été où je n’en porte plus.

PA – Rien ne peut me plaire davantage, surtout quand…

TL – Silence, j’arrive !

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Conversation

Le Folkwang Museum d’Essen renonce à une exposition des polaroïds de Balthus sous la pression de la presse et voilà la machine à décerveler qui reprend du service après le coup de Bordeaux en 2000 et bien d’autres sans doute.
TL – Tu t’attendais à autre chose après ce que tu vois dans les rues depuis quelques temps ?
PA – Non, tu as raison, mais je pensais tout cela éradiqué et une profonde inquiétude me gagne à la vue des déferlements de haine de toutes sortes qui s’étendent sur le pays. En raison de mon âge, je dois être un peu sourd, alors mes chers concitoyens, soyez aimables, montez un peu le son que je puisse mieux vous entendre dire que vous ne voulez plus voir ça. Sinon, je ne donne pas cher de notre peau.

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Nous vous souhaitons un bon jour

Tenebria et moi, n’affichons aucune certitude mais beaucoup d’inquiétude. Le fait de prendre la parole, n’est pas dicté par une volonté de convaincre, ce serait plutôt une manière de faire le point. L’activité critique de Tenebria s’exerce souvent à mes dépends ce que je considère comme un grand privilège. Quelques amis sont autour de nous et nous tenons à les remercier de nous donner l’air qui nous est nécessaire car sans eux nous n’existerions pas. Nous formons ensemble une communauté, pas un mouvement artistique ni un parti politique ce qui nous convient très bien. Certes nous déplaisons à beaucoup et sans en faire une ambition, nous ne le regrettons pas. Alors on va continuer…un petit peu.

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