Paul-Armand Gette

L’humide (Chapitre 4)

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C’étaient « les sources salées » que nous voulions voir ! Malgré nos demandes pressantes, elles restèrent dans une grande imprécision topographique. Elles avaient existé autrefois, on ne savait plus exactement dans quel endroit, de toute façon  l’imbécillité d’un préfet les avait fait combler au 19ème siècle. Décidément rien ne change et l’état sera toujours un briseur de rêves. Demeurait pourtant Le Ruisseau salé dont on nous recommanda de ne jamais goûter l’eau ou alors de la recracher immédiatement. Moi qui avais rêvé d’en apprécier la fine salinité, il ne me restait qu’un peu de chemin à faire pour le contempler ce ruisseau issu d’une divinité dont le nom ne nous était pas parvenu. Nous étions dans le pays de l’oubli, mais je lui parlerais à la divine inconnue, à une de ses nymphes, ou à Audrey, du plaisir que j’ai toujours de retrouver mon cher Alnus glutinosa (L.) Gaertner, fidèle indicateur des bords humides. J’en offris un rameau à Audrey, il y restait trois petits cônes issus de la précédente anthèse.

(à  suivre)

 

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