Paul-Armand Gette

Les jeux sont faits (Chapitre 7)

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Elle était secrète Audrey, parlant peu, répondant à ce que nous disions soit par un sourire découvrant de jolies dents, soit par un très léger froncement de la peau située entre ses sourcils noirs. Après une accalmie, les orages reprirent et je la suivis pour assister à ce que je ne pus appeler autrement que L’éclatement du fruit. Elle avait cueilli un citron sur les arbustes qui bordaient la galerie couverte et après en avoir arraché un morceau de peau, ses ongles s’enfoncèrent dans sa pulpe pendant que la pression exercée par ses paumes le fit éclater et que le jus se mit à couler sur le tendre  espace entre ses doigts. Elle jeta le fruit éclaté à terre finissant de l’écraser sous ses pieds nus. Pendant ce meurtre, nous échangeâmes de rares paroles. J’étais bouleversé et perplexe à la fois. Avais-je assisté au déchaînement d’une Artémis un peu endormie jusqu’alors ? Mon interrogation resta sans réponse, Audrey n’avait pas abandonnée son calme ni son léger sourire. Ensuite elle joua pour moi seul une étrange scène dans l’étroit escalier conduisant à l’étage. De ce qu’elle fit en haut des marches, je ne connus que la photographie qu’elle fit après m’avoir emprunté mon appareil.

(à suivre)

 

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