Le camouflage
C’est ce que je propose à Artémis pour échapper au regard d’Actéon, c’est aussi un moyen de réduire ce dernier à rien. A partir du moment où la déesse a accepté et mis en application mes conseils, elle devint indiscernable. Actéon est aveugle en ce qui la concerne et n’étant pas doté de l’odorat de ces chiens, il est contraint d’errer sans fin dans la forêt de ses souvenirs. En fin de compte je suis plus cruel que la déesse! Pendant que j’assiste au bain de la divine, ma camera numérique à la main et sous son regard bienveillant (cf. Le bain de Diane photographié ! éd. Eter SDF 2007), il doit se précipiter sur les ombres mouvantes des sous-bois.
Bien qu’utilisé abusivement et stupidement par la soldatesque, le camouflage reste une interprétation « picturale » de la « nature », un trompe l’œil plus efficace que tous les autres. C’est en 1985 que Linda B. m’offre une veste camouflage. A l’initiative d’Annemarie et Lucius Burckhardt, j’avais, à Kassel, investi le parc Wilhelmshöhe avec mes 0m. Linda ayant remarqué que tous les jours des militaires de l’armée allemande y manœuvraient en tenue camouflage s’en était procuré une très complète dissimulant son sexe (sans elle je n’y aurais jamais pensé !) puis elle s’était jointe subrepticement aux soldats semant dans leurs rangs une indescriptible pagaïe en n’obéissant pas aux ordres gueulés par l’officier. Son numéro terminé elle m’offrit sa veste qui resta rangée pendant de longues années dans mon placard.
Le camouflage provenant directement de la peinture, six ans plus tard, je copiais sur une toile un fragment de la fameuse veste et y fit figurer la vulve d’Artémis à peine esquissée (La dissimulation de Diane – peinture acrylique sur toile, 56 x
Je ne m’arrêtais pas en si bon chemin et je prêtais la fameuse veste à ceux de mes modèles qui incarnaient la déesse. Fort longue n’en dépassaient que les jambes, mais quand Artémis (Enna) se baissait, elle avait les fesses à l’air. J’ai dû perfectionner ma proposition dissimulatrice en offrant à la divine une robe et un string en tissus camouflage. Ouf, elle n’avait même pas besoin de la robe, elle pouvait se promener en string, le principal était camouflé et elle enfin tranquille.
Poursuivant ma réflexion et m’entretenant avec la coureuse des bois de ses timidités, je lui suggérais une autre solution : ayant repris les pinceaux, j’allais continuer et ne représenter que les signes extérieurs de sa féminité en lui faisant remarquer que notre civilisation idiote nous ayant remonté le corps dans la figure, elle ne risquait rien sur le plan de la reconnaissance et ce fut les Théophanies. Elle me demanda gentiment si je me foutais d’elle. J’arrêtais alors ma brillante démonstration désirant rester encore un peu en sa compagnie avec pour conséquence que vous n’en saurez pas plus pour le moment. (peut-être à suivre)
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