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Vous êtes peut-être en train de prendre goût aux aventures de la déesse de la nature vierge (?!) et du « camouflage », mais pour maintenir le « suspense » on va changer de divinité tout en restant dans les sujets qui me sont chers. Sébastien Vaillant qui a quelque peu inspiré notre cher Linné, même si ce dernier affirmait n’avoir jamais eu connaissance de ses travaux, ce que contredit les notes du général de l’armée de Flore (sic). La grande nouveauté avec Vaillant est qu’il emploie pour les plantes à fleurs un vocabulaire réservé aux mammifères qui met en évidence que les fleurs sont des sexes. Après vous avoir offert La belle de nuit décrite un peu cavalièrement voici aujourd’hui le Dipsacus ou Cuvette de Vénus. La cuvette de Vénus porte des fleurs irrégulières ramassées en manière de tête, le plus souvent conique dont la bale est garnie d’une fraise à rayons ordinairement saillants. Ces fleurs sont séparées les unes des autres par de longues bales taillées en béquillons aigus ; et ces bales qui hérissent un placenta pyramidal forment entre elles des alvéoles. Chaque fleur est un tuyau dont le bout antérieur s’évase et se découpe ordinairement en quatre parties inégales, disposées de sorte, qu’elles semblent représenter un oiseau volant. Le bout postérieur du tuyau est emboîté dans un calice à quatre pans, lequel surmonte un étui où cet ovaire est enfermé. Cet étui qui est plongé au fond d’une des alvéoles dont on a parlé devient un carré oblong sur chaque côté duquel règnent, d’un bout à l’autre, deux sillons. On peut ajouter que les feuilles qui partent de chaque nœud de la tige, forme par l’union de leur base et leur concavité, comme des gondoles ou petit bateau enfilé et mâtés par cette tige.
Dipsacus vient du mot grec – j’ai soif ; parce que l’eau qui se ramasse dans les gondoles que forment les feuilles qui accompagnent la tige des plantes de ce genre, semblent être destinées à les désaltérer.
Eh bien, Monsieur Vaillant, sans être Danton, vous aviez de l’audace. La cuvette de Vénus voyez-vous ça. Qu’est ce qu’elle pouvait bien laver dans sa cuvette la déesse de l’amour ? Après la Belle de nuit, la Cuvette de Vénus quel programme, ils devaient être drôlement rigolos vos cours. Il paraît que lors de votre leçon inaugurale au Jardin de Plantes, vous en avez sorti de belles ! Avec vous, on peut dire que la Botanique ouvrait de plaisants horizons.

 

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