Paul-Armand Gette

Archive pour septembre, 2007

Cuisse de Nymphe

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Grands mercis à Judith et Erwan qui m’ont envoyé vos cuisses ma chère Nymphe! C’est avec toujours beaucoup d’émotion que je les contemple sans jamais m’en lasser.
Madame de Cnide, voilà qui doit vous plaire comme sujet de conversation, bien qu’avec tout ce marbre, je n’arrive pas à connaître exactement la couleur des vôtres, je ne peux quand même pas aller peinturlurer celles de Bénédicte pour me faire une idée. Mais suis-je bête, l’autre jour quand Sophie…
Drelin, drelin…
J’arrive!

 

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Chapitre VI

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Salut l’artiste (quelle familiarité!), je ne comprends rien à ton histoire de filet. Je suis née dans la mer certes, mais la pêche n’est pas ma distraction favorite. Attention à toi, laisse les chocolats tranquilles, ce n’est plus la saison. Et si Marcadé veut m’appeler Bénédicte, parle-moi de Bénédicte. Ce ne sont plus Les mythologies apprivoisées que tu nous racontes, ce sont des histoires pour les gamines. suite

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Intremède

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Il y a longtemps qu’elle ne m’a pas téléphoné la déesse des amours, elle est peut-être en train de gigoter avec son coquin dans le filet de son jaloux de mari, je vais en profiter pour me payer une petite escapade et faire plaisir à la Diane en vous racontant l’histoire de son petit chocolat. suite

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Chapitre V

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Si Bénédicte était le portrait d’Aphrodite, elle n’était pas obligatoirement commode tous les jours, mais quelle invention, les bas et la culotte noirs avec la petite robe rose c’était parfait, je n’ai pas osé lui dire qu’elle me faisait penser à Lola de Valence avec ces couleurs, elle se serait foutue de ma gueule. On est allé à Agde, à Saint Thibéry et sur les Monts Ramus sans parler beaucoup. Le lendemain, je lui ai demandé si je pouvais la photographier à côté des petits palmiers du jardin, elle s’est déshabillée avant de me déclarer qu’elle ne quitterait pas ses bas. suite

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Centre Georges Pompidou

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Traversant la piazza devant Beaubourg, un tourbillon de vent brassait ce que je pris pour une publicité. En ayant ramassé une, je n’ai pas trouvé de réponse à ce que je lisais. Etait-ce une indication  informant que l’établissement ne serait plus public ou une indication sur la timidité du programme à venir ?

 

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Chapitre IV

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J’avais bien commencé, nous étions dans la sculpture, c’est classique la sculpture, c’est comme moi. Ensuite les choses sont devenues un peu plus compliquées et se sont précipitées. A Sète, ils espéraient que le Mont Saint Clair soit un volcan. Errare humanum est, ils m’ont demandé de venir le voir, il était un peu plus loin le volcan, l’erreur n’était pas très grande bien qu’humaine. J’ai parlé de mes Chroniques d’Aphrodite et contrairement à Paris, ils étaient prêts à les accueillir. C’est vrai que chroniquer sur Aphrodite c’était plus logique de le faire au bord de la Méditerranée que sur la rive droite de la Seine.
L’école d’art sétoise était petite, heureusement pas plus nationale que supérieure, charmante en quelque sorte. Elle était logée dans une belle villa avec un jardin un peu à l’abandon, c’est là que j’ai rencontré Bénédicte et qu’elle accepta d’être mon modèle. Comme l’écrira Bernard Marcadè « Bénédicte était bien l’incarnation de la déesse. B. n’était pas l’image ou l’illustration d’Aphrodite : elle était le portrait d’Aphrodite enfin réalisé. »

 

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Parenthèse N°3

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Allons-y, encore un petit bond, en 1992 je retrouvais Marie-Eve à Rennes. Je l’avais rencontré à Macon l’année précédente. En Bretagne, nous sommes allés nous promener sur la plage pour ramasser des choses et regarder quelques traces éruptives à Erquy. Parmi les choses, il y avait des coquilles Saint-Jacques et nous avons tourné une petite vidéo La naissance de Vénus en pensant à Botticelli. On l’avait un peu arrangé à notre façon la naissance, pas beaucoup, mais nous avions changé l’ordre des évènements. J’avais posé une valve de Pecten sur la vulve de Marie-Eve, en soulevant la valve la déesse naissait. Les puristes ont bien protesté, mais notre raisonnement était irréfutable, on leur a cloué le bec. Mettre un Pecten sur un pénil était d’une grande logique, pas la peine d’aller à Compostelle pour s’en rendre compte.
Hein déesse, vous ne vous attendiez pas à celle-là! Pourtant nous n’étions pas très loin de Sandro. Avouez qu’elle vous a bien plu notre version.

 

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Parenthèse N°2

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Les pétales de rose faisaient pousser des oh et des ah au public, ce qu’il n’aimait pas du tout c’était l’endroit où je les avais mis et encore moins la photocopie. Ça, ce n’était pas artistique du tout, c’était très ordinaire, tout le monde pouvait en faire, alors que la peinture c’est réservée aux peintres, il faut étudier longtemps dans les écoles pour arriver à la ressemblance. J’avais beau expliquer que si Dürer vivait aujourd’hui, il ferait sûrement des photocopies pour les vendre sur les marchés et pas des gravures, ils rigolaient toujours les péquins moqueurs. Je vous l’ai dit, je suis timide, la preuve c’est qu’il m’a fallu 5 ans pour aller un peu plus loin que Lotto. En octobre 1989 j’essayais de disposer harmonieusement des galets du Danube sur le pubis de Sophie et ce n’était qu’une suite de dégringolades jusqu’au moment où elle me conseilla de lui mettre un coussin sous les fesses. Euréka, elle était mon Archimède! Après les galets on essaya les pétales de rose. Ah mes amis, ce fut le début d’une longue aventure et je ne suis pas certain qu’elle soit terminée. Nous ne savons plus combien de fois les pétales tombèrent sur vos nymphes, ni comment ils furent disposés. Je prends une image au hasard pour vous en montrer l’effet. Je vous signale qu’en fonction de la déesse et des roses, les variations sont infinies, je vous conseille d’essayer!
Ma chère déesse je vous fais remarquer que Lorenzo n’avait pas osé enlever votre nuisette pour vous orner l’entre-jambes, il est vrai que votre fils vous pissait dessus, ce que je ne me risquerais jamais à faire.

 

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Parenthèse N°1

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Comment vais-je faire pour caler ce qu’elle demande entre le chapitre I et le II ? Elle exagère la déesse, elle ne doit pas être si déesse que ça si elle n’a pas déjà vu tout ce qu’elle me force à raconter. Bon enfin je vais m’y coller et commencer par Sophie. Non, non pas Sophie enfant, Sophie nubile, grande fille quoi. On est plus dans l’Antiquité, la morale a fait des progrès, après tout je ne sais pas si se sont de vrais progrès, mais ils nous le disent, alors il faut bien les croire, même si je les soupçonne de se foutre de notre gueule. Je suis timide, j’ose à peine aborder des sujets pareils. En 1984, j’avais envie de faire mon Lotto. J’avais photocopié des polaroïds et mis sur le résultat des pétales de rose avant de faire une nouvelle photographie. Eh, là-bas, la protectrice des amours, la maman de Cupidon, vous êtes satisfaite, les roses ce sont vos fleurs!

 

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Chapitre III

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Un message s’inscrit sur l’écran de mon portable, je vous le transcris sans en changer une ligne.
« Tu vas trop vite Paulo! Si tu continues mon histoire sera bâclée en trois ou quatre chapitres. D’ailleurs tu as un sacré culot d’appeler chapitres tes petits paragraphes. Raconte un peu ce que tu as fait avec Sophie et Marie-Eve et d’autres peut-être. Attention, je te surveille et n’oublie pas de me montrer ce que Nini faisait au loukoum rose d’Aziyadé. »
Me voilà beau, si elle continue, je vais me transformer en archéologue, je vais devenir taupe à force de fouiller dans mes boîtes. La Diane, elle aussi me tombe sur le râble, elle dit que je suis son artiste et je ne dois pas traîner avec la première radasse venue (quel langage!). Elle est vierge et pure, dit-elle, elle ne couche pas elle! Je l’avais prévue cette embrouille, malgré les apparences, je suis un homme d’ordre. Lequel ? On ne sait pas, celui des chapitres sans doute. Je ne peux pourtant pas tout mélanger, tout chambouler pour le plaisir de ces Dames. A demain, non à tout à l’heure, il est 5 h., je vais me coucher.

 

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