Chapitre VI

Salut l’artiste (quelle familiarité!), je ne comprends rien à ton histoire de filet. Je suis née dans la mer certes, mais la pêche n’est pas ma distraction favorite. Attention à toi, laisse les chocolats tranquilles, ce n’est plus la saison. Et si Marcadé veut m’appeler Bénédicte, parle-moi de Bénédicte. Ce ne sont plus Les mythologies apprivoisées que tu nous racontes, ce sont des histoires pour les gamines.
Hou la la déesse, ne prononcez jamais ce mot, c’est celui qui vous envoie directement au trou. Les enrobés, noirs ou rouges, les grotesques guignols ne supportent plus d’en entendre parler, c’est le mot maudit!
Bon, si tu veux, mais en parlant de moi, tu ne risques rien. Tu m’amuses, même si je ne suis pas persuadée que tu arranges beaucoup tes affaires en agissant de cette façon. J’avoue que le coup des pétales personne ne me l’avait refait depuis Lotto et que là tu m’as vraiment fait plaisir. Continue, raconte moi cher Paulo, encore et encore. Quand j’étais un enfant curieux de tout picorant dans la bibliothèque de mes parents, j’avais lu que les hétaïres se maquillaient les seins. J’avais bien essayé de regarder les dames autour de moi, mais je n’ai rien vu, elles ne devaient pas être assez hétaïres les femmes de ma famille. Plus tard, quand je me mis à faire l’artiste, je m’intéressais au coloriage que j’étendis vite à l’aréole d’un sein de mes modèles, pas les deux, je suis trop paresseux et ce serait excessif. Elles ne devenaient pas pour autant hétaïres les charmantes demoiselles et Bénédicte étant vous ma chère déesse, je lui proposais l’aventure. Ah, divine Aphrodite vous deveniez mon champ plastique pour la pratique du dessin et ensuite je n’avais plus qu’à suivre soigneusement le trait pour procéder au coloriage avant de passer du bout de l’index à l’estompage délicat qui me permettait d’obtenir ce flou artistique si prisé des amateurs.
Pas de commentaire
Pas encore de commentaires. Soyez le premier.
Laisser un commentaire