Paul-Armand Gette

Archive pour septembre, 2007

Chapitre II

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Je bats Alexandre Dumas, ma seconde rencontre avec Aphrodite ce fut 30 ans après ! Je partageais l’atelier de Christian Boltanski à la nationale supérieure et chaque mercredi, je traversais la cour de l’Hôtel de Chimay où quelques sculptures exécutées par des élèves des temps passés servaient d’ornements et parmi elles, vous étiez là ma chère Aphrodite. suite

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Chapitre I

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C’était durant l’été 1963, Léonore Fini (qu’Arman m’avait présenté quelques mois auparavant) m’avait invité à passer quelques jours chez elle, à Nonza. Elle organisait, dans cet ancien couvent, des journées charmantes pour ces hôtes et elle m’avait demandé si je voulais laisser un souvenir sur la terrasse qui dominait la mer. Elle n’était pas contrariante Léonore, je pouvais faire ce que je voulais. Tous les jours je faisais un tour sur la plage où les courants déposaient quelques débris et bois flottés. Avant mon départ, je lui ai offert « La grande déesse ». Le feu l’avait marquée, les seins brûlés et une grille de calorifère en place du sexe. Vous étiez bien une déesse de la mer, un peu sauvage, d’avant Praxitèle en quelque sorte. L’année suivante, vous aviez disparu, la tempête vous avait emportée, je ne vous ai jamais  revue ni oubliée.

 

 

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Introduction

Ah mes amis, je vous prépare un nouveau feuilleton pas piqué des hannetons, Melolontha vulgaris Fabr., même si je ne suis pas très certain de la synonymie, tout change si vite! Certains disent qu’aujourd’hui ce serait plutôt Melolontha melolontha (L.). Précédemment je vous ai abondamment entretenu de ma très chère coureuse des bois en prenant bien soin de ne pas la contrarier et le plus fort de tout c’est que j’y suis presque arrivé (à part quelques réactions allergiques qu’elle m’a envoyées alors que je lui caressais la feuille sur une plage septentrionale). Je m’estimais heureux et ne pensais plus à rien, c’est alors qu’Aphrodite m’a appelé sur mon téléphone portable et là bonjour les reproches et les injures : ingrat, pouffiasson, suborneur ! La Vénus était furieuse, je la cite : « Comment, moi qui t’ai réconforté quand tout triste tu contemplais l’écume des vagues ton 0m. à la main, moi qui t’ai tout montré de ma divine anatomie. Dis, salopiaud, tes histoires de menstrues, c’étaient les miennes, tout seul, tu n’y aurais jamais pensé. D’accord, à Rome tu m’as prêté ta veste quand tu as sortis mon plâtre de cette cave froide et dégueulasse où ils m’avaient fourré, ce n’est pas une raison pour lécher les bottes de la Diane. Môssieur fait le joli cœur, se tortille devant l’Artémis en tremblant dans ses culottes. Pas les siennes crétin, les tiennes. Je t’en foutrais moi de lui caresser la feuille à ton Artemisia vulgaris L. Hou la la, l’Aphrodite en colère c’est presque pire que l’autre, plus moyen de l’arrêter, elle est costaude la Cnidienne, elle me secouait l’oreille (au téléphone!), je n’osais pas raccrocher, je cherchais des mots doux lui rappelant le jardin de la Villa, le bain moussant, les iris, les fraises, les Monts Ramus. L’assurant que je ne l’avais jamais perdu de vue, que j’avais écrit ses chroniques, que Marcadé avait dit que Bénédicte, c’était elle tout crachée, que nous savions tous que ma dette envers elle était incommensurable et éternelle comme elle, qu’il n’y avait que moi qui ne l’étais pas etc. etc. Enfin son sourire est revenu, on a refait ami ami, je lui ai colorié un peu l’aréole, parlé de Lotto qui tout comme moi lui avait orné l’entre-jambes de pétales de rose, assuré que j’allais lui montré comment Aziyadé léchait le coin du loukoum rose. Là elle à franchement rigolée, elle voulait que je lui montre tout de suite, j’avais toujours un peu la trouille, alors j’ai promis que l’allais m’occuper d’elle, que mon prochain feuilleton lui serait consacré tout entier et patati et patata.
Préparez-vous à la patience, car j’ai juré de ne rien oublier et je ne veux pas me foutre tout l’Olympe sur le dos. Elle va me surveiller, je vais devoir jouer serré entre les deux, heureusement que « l’entre » c’est un peu ma spécialité. Voilà, on fait l’artiste qui n’a peur de rien, on va réveiller les déesses au lieu de faire de la barbouillette et elles ne demandent que ça les Olympiennes qu’on s’occupe d’elles, seulement on n’est pas de taille, alors comme le disait l’ami Paraz « Valsez saucisses » sauf que moi la valse n’a jamais été mon truc, je ne suis pas romantique, mais alors pas du tout. Remarquez que les déesses, elles ne le sont pas non plus, ce n’était pas encore inventé. Bon, elle me téléphone encore, ça devient une manie, pour me secouer les plumes, elle trouve que je l’entortille avec mes salades, elle me presse de commencer à la raconter et elle veut voir. Misère il va falloir que je plonge dans mes boîtes, quel boulot, et tous les jours, pourquoi pas double ration le vendredi. J’aurais jamais dû, j’aurais jamais dû abandonner mes petites bêtes, mes chers coléoptères… et comment je vais l’appeler, moi, ce feuilleton ? Aphrodite, pour que Monsieur Pierre Louÿs me saute sur le paletot. Il est mort ? A bon! Encore le téléphone, c’est Aphro qui se marre, andouille me dit-elle, ça fait vingt ans que tu l’as trouvé ton titre : Les chroniques d’Aphrodite ! Allez Paulo au travail, rame coco…

 

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