Notula N°4
Détail de “La femme aux bas blancs”
Je me promène, je me promène à m’user les jambes dans ce Paris qui devient mal famé, si ça continu ce sera le lieu de villégiature de la racaille du monde venant s’y torcher les pieds. L’art y perdure d’étrange façon, cette exposition « Gustave Courbet » au Grand Palais est un bon exemple de l’inconstance de ce peuple de girouettes. La même nation fout en taule un artiste, le contraint à l’exil et avec un siècle et demi d’écart, une bricole quoi, le porte au pinacle. Vous allez me dire que ce ne sont pas les mêmes qui font tout ça, à les regarder attentivement je leur trouve un air de famille, une allure malfrat et la vêture un peu tarte. Ce sont des mots que l’on vient de m’apprendre, mais ils traduisent bien ce que je vois, c’est sans doute aussi un effet de ma nature étrangère.
Paulo m’agace, il me dit de me méfier du mot « nature », qu’il ne pense pas que la mienne soit bien différente des autres, bien qu’elle ait sans doute son charme particulier, je ne comprends pas ce qui le fait rigoler, ça ne doit pas être bien méchant, il a un pli coquin au coin de l’œil.
Quel type ce Gustave, faire un tableau intitulé « Bonjour Monsieur Courbet » ou les tronches de l’enterrement, les vagues, les dames et les sources de La Loue. La Loue n’est pas loin de Lupa, ce ne sont pourtant pas les miennes…
Gustave, ils l’ont bouclé à Sainte Pélagie, au moins on ne pourra pas reprocher aux Français de ne pas avoir de constance, ils y avaient déjà mis Donatien, dommage qu’ils l’aient démolie, ils auraient pu y coller Paulo qui m’empêche de faire correctement mon métier.
Je vous tire mon chapeau Monsieur Courbet, et merde à Badinguet !!!
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