Paul-Armand Gette

Notula N°7

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La liberté du modèle donne parfois de curieux résultats. Certaines personnes semblent n’être même plus capables de comprendre le sens des mots. Ce fut le cas de Fanny, élève de l’Ecole des Beaux-Arts de Nantes, mettant en garde ses camarades contre les dangers encourus en participant à la lecture théâtralisée que Paulo préparait. C’est à croire que la liberté laisse voir de si grandes possibilités que les postulants à son usage éprouvent devant elles  les plus grandes frayeurs. Après la lecture, le 6 novembre, on est allé manger des homards avec les filles qui avaient accompagné Paulo. Elles avaient tout compris de la farouche Artémis. Charlotte lui à tiré une flèche, Julie se camouflait en verdure et Pia sous sa bourka cousait un triangle noir à hauteur de son sexe. On n’a pas trop écouté ce qu’il racontait l’artiste, mais les gens étaient bien contents, ça ne durait pas trop longtemps et c’était gratuit.

Si vous jetez un cailloux dans l’eau, vous n’allez pas forcément produire un raz-de-marée, c’est un peu le cas de l’art, on ne sait pas qui va un jour trouver le caillou. Paulo marmonne : genou hibou chou. Il faut que je cesse de penser à haute voix, il commente tout ce que je dis sans que je comprenne toujours où il veut en venir. C’est difficile d’être Etrangère ! C’est lui qui m’a dit de mettre une majuscule à Etrangère, allez savoir pourquoi.

Il a terminé son livre, six paragraphes de quatre pages chacun, un très court texte, une image, une page blanche et cela six fois de suite. Ce n’est vraiment pas un gros caillou, ni un genou, ni un hibou, ni un chou.

 

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