Notula N°8
C’est impressionnant d’arriver déjà à ce chiffre, c’est difficile d’apprendre à voler, surtout dans les plumes des autres bien qu’il paraisse que pour cela je suis douée.
Je voudrais revenir sur l’exposition Courbet et me faire ainsi encore quelques amis supplémentaires. Tout d’abord réglons le sort à ce qui ne ressort pas de lui. L’éclairage des tableaux est mal fait comme presque toujours en France, quant aux couleurs des murs, c’est l’horreur. Nous asséner dès la première salle un rouge brique qui éteint les peintures c’est à vous dégoûter de continuer la visite. Quelle idée (mauvaise) d’introduire des photographies dans l’exposition. Si c’est pour nous prouver que les messieurs aiment regarder les fesses des dames c’est réussi, mais on le savait déjà. Il faudrait sans doute dire aux organisateurs que la pérennité du phénomène n’a pas un grand intérêt, par contre ce qui nous importe c’est la qualité du regard porté sur le sujet et l’émotion naissant de la rencontre, de ce côté, c’est gagné il n’y en a pas. Mettre « l’origine » au centre de l’exposition entre deux barbouillettes qui furent ses dissimulatrices est aussi d’une bêtise noire. Aussi bête et noire que la disputation entreprise il y a quelques années par un critique stupide qui s’interrogeait sur l’appartenance de ladite origine à la belle Irlandaise ou non en se basant sur la couleur de la toison peinte par l’artiste.
Je vais continuer encore un peu, quitte à perdre ce qui me reste d’amis. Regrouper les portraits ne leur profite guère, de cette façon, celui du chien blanc paraît le meilleur de la série. Certains paysages laissent deviner par la construction ce que Cézanne radicalisera plus tard et ce n’est pas un compliment que je fais à l’Aixois. Les vagues sont belles toutefois un peu gâchées par un truc d’atelier : l’utilisation du blanc. La grotte Sarrasine l’inspire moins que celle de La Loue ce que je lui pardonne en raison de son intérêt pour elles. Les grands formats lui conviennent mieux que les petits, il y avait pourtant une peinture représentant une dame toute nue ayant gardé ses bas blancs avec des jarretières bleues qui est bien jolie tout en faisant regretter l’absence du tableau de la collection Barnes : Les bas blancs. Où est-il celui-là?
Paulo me dit que je n’arrête pas de râler, que je n’ai pas très bien compris le sens du mot « critique ». Moi je ne comprends rien à ce qu’il grommelle, pour le reste, on ne regrette pas trop ses 10 euros, grands mercis Monsieur Courbet.
Gustave Courbet
13 octobre 2007 – 28 janvier 2008
Galeries nationales du Grand Palais
3 avenue du Général Eisenhower
75008 Paris
Tél. : +33 (0)1 44 13 17 17 (serveur vocal)
www.rmn.fr/galeriesnationalesdugrandpalais
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