Paul-Armand Gette

Notula N°17

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Paulo, on voit des choses de toi dans les revues. Ma parole tu deviens people !

Là tu exagères, une image dans Elle Déco Italien et Français de décembre, une dans AD de janvier et une dans Marie France de février, ne vont pas me faire tourner la tête…

Tu devrais être content les deux couleurs que tu adores et que tout le monde déteste sont à l’honneur. Le rose de tes loukoums, je veux bien, mais le Jaune de Naples à Naples…alors là c’est un peu fort, la moitié de la ville est jaune, les tramways sont jaunes, les taxis aussi et toi tu arrives avec ton Eloge du Jaune de Naples…

C’était ma manière de rendre hommage à cette ville que j’aime et il fallait que j’y fasse une exposition, alors pourquoi pas.

Tu as vraiment le chic pour répondre n’importe quoi. Bon, passons à un autre sujet. Tu aimes les cartes postales ?

En général pas plus qu’autre chose, mais j’adore en faire. Elles font circuler l’art pour le prix d’un timbre et en plus on peut écrire dessus, alors que tu ne peux pas écrire sur les tableaux et encore moins sur les sculptures, ce serait mal vu et pas pratique.

Elles reproduisent certaines de tes œuvres tes cartes postales ?

Si on veut, mais pas exactement, elles sont des œuvres au second degré, j’essaye qu’elles soient avant tout des cartes postales. Certes je choisi un galet sans qu’il soit directement une œuvre de moi. Je saute sur l’occasion d’en faire chaque fois qu’elle se présente et je les distribue dans l’espoir que les gens vont s’en servir bien que n’ai jamais la preuve qu’ils le font. Ce sont des images qui ne sont pas impressionnantes, on peut les glisser dans l’espace qui existe entre un miroir et son cadre ce qui dissimule le message qu’elle porte et qui n’a de valeur que pour celui qui les a reçus et encore. Si tu veux tout savoir, elles sont généralement réservées à mes amis et ne supportent, hélas, pas souvent de tendres baisers.
En attendant, je vais t’offrir la plus carte postale de mes cartes postales : Le lit de la Naïade.

Tu étais bien bucolique ce jour-là et tu ne t’es pas foulé c’est le moins que l’on puisse dire !

Toi qui as fait des études, ou qui le prétends, tu aurais pu remarquer que l’appui des verticales sur les horizontales assure la stabilité de la composition et que les obliques l’animent. Tu aurais pu voir que l’eau joue ici le rôle du miroir cher à mes préoccupations esthétiques autant que Carrolliennes. Rien qu’avec cette carte postale, tu aurais obtenu un titre de docteur auprès de n’importe quelle université si tu l’avais analysée et commentée au lieu de me vexer avec tes réflexions.

Je t’embrasse quand même, ma chère Étrusque!

 

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