Paul-Armand Gette

Notula N°19

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Je trouve amusant le côté cascade et ricochets de tes œuvres, pourtant il faut bien avouer que c’est un peu difficile de te suivre. Moi qui suis à domicile en quelque sorte, tu m’aides, et j’y arrive à peu près, mais les autres sont souvent paumés. Ils ne savent jamais si tu es sérieux. Le chat ou le Chocolat d’Artémis feraient selon toi partie de ton œuvre ?

Le chat, je ne sais pas, bien que ce soit très bien qu’il soit là. Le chocolat sans aucun doute, il est arrivé avec Claire dans La liberté du modèle, il est venu à nouveau dans le ballotin et finalement je l’ai offert à Corinne, c’est un parcours très surprenant, très poétique et avec de grandes qualités plastiques. C’est un sujet peu ordinaire qui m’a beaucoup plu. Il n’y avait aucune raison que je le laisse passer.

Je veux bien te croire, te suivre même, sans savoir quoi écrire là-dessus, ma carrière de critique n’avancera jamais à cause de tes histoires. Des chats, des chocolats, où est le spirituel ?

Le spirituel ne me passionne pas, c’est une distraction qui nous fait perdre de vue ce qui est essentiel.

Si tu le dis !

Tu sais très bien que c’est un sujet que je n’aborde pas, je n’aime pas les leurres.

Ça va, j’ai compris, tu préfères les chats et les chocolats.

Dans un sens, oui, mais mes goûts vont quand même un peu plus loin.

Tu parles de tes goûts et que fais-tu de ceux des autres, des miens par exemple ?

Je les regarde avec beaucoup de curiosité et de respect, ils me changent des miens.

Je t’en prie reste un peu dans les questions que je te pose, je n’en ai pas terminé avec tes goûts sucrés. Les loukoums, tu en as beaucoup parlé, un peu moins de la confiture. Je l’ai trouvé plusieurs fois chez toi avec des fruits différents : les fraises, les myrtilles, les mirabelles, les figues…

Tu oublies la dernière, celle d’Artemisia maritima L. Les fraises, je les adore, fraîches ou en confiture et plusieurs de mes modèles aussi : Martine, Odile, Bénédicte, Laëtitia, Laurence, Anne, d’autres encore peut-être. En 2005, dans la Vallée du Lot qui est un haut lieu de leur culture, j’ai fait avec elles La confiture des Nymphes, tu ne veux quand même pas que je te fasse un dessin !

J’aimerais bien, mais tu es trop paresseux…

J’ai fait l’étiquette, c’est déjà pas si mal…

Continue !

Les myrtilles, c’est Martine qui les a associées aux fraises pour me montrer Les menstrues de la déesse. Les mirabelles sont du fait de Laetitia à Metz, les figues de Tomoko à Paris. Et puisque tu es dans les douceurs, on pourrait ajouter le miel dont Paula s’enduisait le corps avant de se baigner, les fruits confits dont Odile raffolait en Grèce, le berlingot que Kristell portait autour du cou, la pâte de fruits de Corinne à Poitiers, la sucette de Gaëlle à Sète, les gâteaux de Connie à Cali, ceux de Mégumi à Fukuoka…

Pitié, ne te moques pas de moi…

Je ne me moque pas, j’énumère. Je peux même te fournir un titre pour une future chronique : Le sucrè dans l’oeuvre de Paul-Armand Gette!

 

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