Notula N°21
Je n’aime pas les coupures, je suis plutôt comme toi, je préfère les glissements. J’irais même plus loin, j’aime assez les retours qui permettent d’examiner à nouveau un sujet sous un autre angle et de compléter ainsi la vision que nous pouvons en avoir. Naturellement quand le sujet s’amenuise jusqu’à pratiquement disparaître les choses se gâtent et la responsabilité des écoles est engagée dans ce processus de sclérose.
Est-il nouveau ?
Je ne crois pas, il prend aujourd’hui des formes un peu différentes, mais le « pompiérisme », les formes que les artistes valets donnent à la platitude de leur démarche restent bien voisines les unes des autres. Peu importe d’ailleurs, hors de ce noyau de médiocrité fleurit ce qui va permettre à l’art de perdurer.
Que vois-tu aujourd’hui ?
A dire vrai, c’est très difficile. On peut sentir dans certaines propositions un air qui n’est pas celui des antichambres du pouvoir. Certes, des peintres torchent toujours les portraits des ministres, ce qui les situe au niveau de numéros de cirque qui n’ont même plus la fraîcheur des jeux de massacre. D’autres encombrent nos places, nos parcs de productions qu’heureusement la pollution va ronger très efficacement.
Tu es très amère…
Non, j’essaye d’être lucide et je constate qu’il n’y a pas de très grands changements, les mêmes processus se remettent en place quelles que soient les époques et les détenteurs du pouvoir. Il y a une permanence du phénomène, on peut le déplorer bien que je ne crois pas à une possibilité de progrès dans ce domaine, il faut faire avec. Il existe ainsi une double scène, celle de l’officialité et celle de la liberté, celle que tu qualifies, mon cher Paulo, d’ob-scène. Il y a autre chose aussi qui se développe c’est l’arrivée des femmes sur cette deuxième scène, elles y apportent un regard dont nous n’avions aucune idée précédemment. Rien n’est vraiment gagné car, sous une acceptation de surface, les réticences sont grandes et la montée des intégrismes n’arrange rien.
On ne peut pas dire que tu sois très optimiste aujourd’hui !
Oui et non, c’est normal. Rends-moi un service, demande à Ghislaine Portalis une image pour illustrer ma notula, les lecteurs comprendront mieux ce que je veux dire.
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