Paul-Armand Gette

Notula N°25

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Paulo, le printemps sera bientôt là et je vais partir. Tu m’as accordé l’hospitalité, merci, merci. Tes lecteurs ont besoin d’entendre une autre musique, on va les agacer à la fin, il y en a déjà un qui pète les plombs, il est en plein Walt Disney ! Je t’enverrais de mes nouvelles.

Chère Tenebria tu m’as offert un peu de temps ensoleillé, j’aimais te voir fouiller dans mes boîtes pour illustrer tes réflexions avec mes images. Nous nous sommes bien amusés ensemble, c’est vrai que l’art n’a pas à être forcement ennuyeux, tu vas m’écrire et me dire ce que tu fais, je te répondrais. Je te raconterais ce qui m’arrive, par exemple comme l’autre jour où j’ai reçu des nouvelles de Tatiana. Ô de toutes petites nouvelles, mais des nouvelles quand même. Je l’avais rencontré à Lille en 2000 et après un court échange épistolaire ce fut le silence qu’elle vient de rompre. Je n’en sais pas plus.

Je pourrais ainsi continuer à écrire sur toi et voir ce qui t’arrive d’un peu plus loin. Je serais débarrassée de la lourde atmosphère qui pèse sur ton pays et de ce mélange insupportable de nervosité fébrile et d’incohérence qui annonce un retour de ce que nous ne voulions plus jamais voir. Nous serons, avec quelques-uns, les naïfs ou les fous qui croient encore que l’art, malgré tous les défauts que nous lui trouvons, vaut mieux que le mensonge des promesses. Il n’en fait pas lui, il se contente d’exister, de perdurer, même quand ils ont foutu Courbet en prison ! Tu viens de parler de Tatiana ?

Chut ! Il ne faut pas faire trop de bruit sinon elle va encore disparaître. Elle n’est d’ailleurs pas encore réapparue complètement. J’avais alors demandé avec beaucoup d’insistance à Christine Dolbeau d’écrire sur la liberté du modèle, je n’ai pas été déçu, elle a répondu à ma demande plusieurs fois pour mon plus grand plaisir. J’allais faire une exposition à Lille, chez l’ami Buyse. J’avais le texte et pas de modèles. C’était un peu court!. Finalement elles sont arrivées, j’étais sauvé, Isabelle, Marie-Noëlle, Mathilde, Mélanie, Tatiana. Nous avons fait un petit livre et l’exposition. Je n’ai jamais plus entendu parler de Marie-Noëlle et de Mélanie ni jusqu’à ce jour de Tatiana. Isabelle est revenue quelques années plus tard, quant à Mathilde j’en reçois parfois un petit signe, une sorte de sourire.

Tu en dis toujours trop ou pas assez, que veux-tu que je fasse de tout ça ?

C’est fait, ma belle, c’est ta 25ème notula.

 

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