Notula N°26
Vas-tu te décider, un jour, à rendre hommage à toutes les personnes qui sont arrivées dans ce que tu appelles l’aventure modèliste ?
Je voudrais bien, j’en ai envie depuis longtemps, nous l’avons amorcé, mes amis et moi, avec le livre Les mythologies apprivoisées en 2005. Depuis, j’en parle, il faudrait faire une exposition, c’est la seule solution et elle exigerait beaucoup de place.
Si tu attends tranquille dans ton coin, il ne se passera jamais rien. Bouge un peu !
Ah, je voudrais t’y voir, c’est un projet que je ne sais pas très bien par quel bout attraper, peut-être qu’avec une image par personne, je pourrais y arriver.
Alors vas-y. Profite de ma prochaine absence, commence par faire une liste et après cherche dans tes boîtes et cesse de grogner.
J’hésite sur la méthode à employer quand la personne a été modèle plusieurs fois.
Je te vois venir, ne cherche pas une échappatoire, commence par une image par personne, tu verras après. Quand je reviendrais te voir, j’espère que tu auras avancé, c’est une occupation plutôt agréable et tu leur dois bien ça. Sans tous tes modèles, tu serais toujours à tourner autour de toi ou a te regarder dans un miroir. Je sais ce que tu vas me répondre : qu’il y avait Alice. Je veux bien, elle était ravissante et le modèle du pasteur de Christ Church, pas le tien. En 1970, tu en étais bien conscient quand tu t’es approché de Nathalie. Tu es alors sorti de tes rêves…
De mes fantasmes, serait plus juste.
Si tu veux. Ce furent aussi ceux de Nathalie et de toutes les autres. Des fantasmes dont tu as vu quelques effets sans les connaître en entier. Ce sont elles qui t’ont fait comprendre qu’elles avaient envie de liberté. Heureusement, tu n’étais pas trop amoureux de l’ordre, tu avais été relativement bien élevé par Antoinette et Joseph, ce fut ta chance. Il t’a fallu 20 ans pour proposer La liberté du modèle, il est vrai qu’entre temps lors des touchers et des essais de coloriages tu avais l’aval de tes partenaires. C’était inhabituel de t’entendre dire « puis-je vous toucher ou vous colorier l’aréole en rose ? ». Quand tu l’as proposé à Alya en 1992, elle n’aimait pas ta couleur préférée, elle s’est rhabillée et vous êtes partis en riant acheter un lip stick rouge pour pouvoir continuer. Après ça, tu ne pourras pas me dire que je ne suis pas une bonne historienne.
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