Notula N°28
Avant de vous quitter pour quelque temps, je vais exprimer encore une fois ma mauvaise humeur : j’en ai marre des commissaires, curators et autres metteurs en scène à la petite semaine et quand je parle de petite semaine, je devrais dire petite cavité cervicale. Le phénomène n’est pas nouveau, mais au moins Chardin était artiste quand il accrochait le salon. Nos insignifiants organisateurs ont perfectionné le système, ils ne sont pas artistes, surtout pas, et du haut de leur suffisance, ils contemplent l’étendu du désastre, à quand le prochain perfectionnement ? Je l’attends avec impatience et si vous manquez d’idée mes chéris, demandez aux ministres, ils en ont, ils sont payés pour ça.
Tu es contente de toi ?
Oui beaucoup, j’aime me faire des ennemis et voir dans leurs yeux de larves l’éclair de la haine…
Il y a 30 ans j’herborisais sur le chantier Beaubourg et je disais que c’était avant l’arrivée des Nécrophores, mais peut-être que cachés dans leurs bureaux ignorent-ils jusqu’à la signification du mot. Toi, tu me dépasses de cent coudées, je te félicite, je me demande comment les Romains ont fait pour bouffer les Etrusques, s’ils étaient tous comme toi, ça n’a pas été une mince affaire.
Tu n’as rien compris, c’est comme aujourd’hui. Regarde, tu bourres la caisse du peuple et tu essaies de le faire marcher, parfois il te suit parfois il se fout de toi, c’est pile ou face. Pile tu crois gagner, face tu n’as plus qu’à chercher un trou pour te cacher, dans les deux cas tu es ridicule.
Tu aurais dû faire de la politique, si tu aimes la solitude tu aurais été servi et tu aurais pu faire comme Eve qui avait, à Chamarande, une bien curieuse manière de chanter le temps des cerises.
Tu me donnes envie d’essayer. Peut-être qu’alors viendrais-tu me rejoindre ?
Essaye et tu me verras arriver en courant !
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