Dixième conversation

Je me perds entre vous toutes et je me retrouve chaque fois.
C’est encore heureux que tu croies ça, tu peux vivre ainsi, pendant que je te regarde. Tu aimes être en Islande, c’est finalement un pays qui te convient. Tout y change à toute vitesse, c’est ce qui te plaît cette possibilité de basculement. Tu aimes l’incertitude des situations.
Je n’aime rien d’autre que l’incertitude, l’évident m’englue, me fige, m’immobilise. Avec vous, je ne sais jamais où j’en suis. Votre diversité est pour moi la garantie de mes émotions. Elles ne varient pas, elles perdurent depuis mon enfance et je m’y reconnais comme quand on retrouve une chambre familière, un endroit inventé de toutes pièces, voyez-vous…
Pauvre ami, je ne vois rien du tout. Tu te déplaces de fictions en fictions, tu les construis comme des châteaux de cartes que tu n’arrives jamais à terminer.
Le définitif m’ennuie, que deviendrais-je si j’étais certain du lendemain ?
Rassure toi, si tu es l’artiste de Diane, tu peux être certain que tes nuits ne seront jamais calmes, que tes jours seront ceux de l’attente et que ta vie, mon cher artiste, sera bien celle que tu as voulue.
A propos qu’est ce que tu cherchais dans l’herbe chaque matin en te rendant au musée ?
Je ne cherchais rien du tout, je regardais la pluie.
Tu regardais la pluie, courbé vers le sol ?
Je regardais les gouttes sur les feuilles d’Alchemilia, elles sont couvertes d’une fine pilosité qui les retient, c’est un peu comme le duvet que vous avez sur les bras.
Je ne suis pas vraiment flattée par ta comparaison…
Vous devriez, regardez.
1 Commentaire
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La déesse, en Islande, a la chair de poule… C’est ça de se promener tout le temps toute nue!