Paul-Armand Gette

Onzième conversation

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C’est pas mal cette pluie sur les feuilles, bien que je ne sois pas certaine que les femmes aiment que tu les entretiennes de leur pilosité.

Les femmes, je ne sais pas, mais la déesse de la nature devrait être satisfaite. Vous préféreriez que je vous raconte mes états d’âme. Manque de chance, je ne pense pas en avoir une. J’avais espéré vous plaire avec mes gouttes de pluie, c’est raté !

Mais non, ne boude pas, je suis toujours un peu surprise par tes rapprochements. Adolescent, tu voulais offrir un coléoptère cavernicole à Mireille, aujourd’hui tu compares la pilosité des feuilles avec celle de mes bras, tu exhibes mon pénil dans un musée, tu laisses tes modèles faire ce qu’ils veulent et tu déclares très sérieusement que tout cela fait partie de ta pratique de l’art.

Vous avez tout juste, j’ajouterais de nos conversations en font partie aussi. Les choses ont changées, on en est plus à s’installer devant un chevalet, d’ailleurs ça ne donnait pas toujours de bons résultats…

Avec toi, l’intime n’est plus si intime que ça, tu le montres au public

L’intime ressort souvent de l‘haptique, pour le montrer il faut que je rende l’haptique optique, c’est ce que j’ai appelé le toucher du modèle.

Ah, je t’en prie, ne me touche pas, j’ai horreur de ça.

 

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