Seizième conversation
Ah, vous êtes drôle, décidément vous n’en ratez pas une. Merci de vous inquiéter de ma santé et de vouloir me protéger du tréponème pâle. Je reconnais là votre amabilité envers la déesse des amours dont je vais un tout petit peu m’occuper de la naissance que nous avons revue à notre façon en compagnie de Marie-Eve, de Bénédicte, d’Enna et de quelques autres.
C’était bien pratique quand nous avions chacune notre temple, j’aurais su où allaient tes préférences à l’importance des sacrifices que tu m’aurais offerts. Aujourd’hui il n’y a plus de religion.
Je n’ai pas les moyens de vous griller des bœufs, alors ne me faites pas de reproches, je vais revenir parler un peu avec vous pour vous distraire quand vous en aurez assez d’assassiner les bêtes.
Il y a des jours où je te jetterais bien un peu d’eau à la figure pour te transformer en n’importe quoi. Pauvre bêta, je n’ai pas besoin de tes bœufs, mais de paroles, tu vois je suis sage, alors raconte moi pourquoi Odile te montrait une fleur de Citrus à Thessalonoki.
C’est risqué, mais si vous promettez de vous tenir tranquille, je vais le faire. Au moins le début devrait vous plaire, ensuite je ne sais pas…
Raconte au lieu de tortiller tes phrases.
Avec Odile on voulait faire des images, je penchais pour les pétales de rose, mais elle trouvait que ce n’était pas très original, les fleurs d’oranger avaient ses préférences, c’est pour cela qu’elle m’en avait montré une dans le jardin…
Elle voulait une couronne ?
Non, une pluie de fleurs.
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