Paul-Armand Gette

Vingtième conversation

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Tu vas partir ?

Oui, mais rien ne vous empêche de me suivre.

Tu sais très bien, que j’éprouve beaucoup de difficulté à m’éloigner des bords de la Méditerranée. Ailleurs mon image s’estompe, la lumière froide ne convient pas à mon teint.

Non seulement vous êtes jalouse, cruelle et capricieuse, mais Madame ne veut pas voyager. Vous n’hésitez pas à disparaître pendant des mois, je me désole, ce qui vous laisse indifférente. Ma chère amie, je dois gagner ma vie et faire des choses avec quelques Nymphes en attendant votre bon vouloir.

Pourquoi tu ne vas pas en Grèce ?

J’y suis déjà allé et je n’étais pas rassuré, sur la terrasse de la maison en face de l’endroit où j’habitais, on pouvait lire Minos sur un étrange appareil. Vous croyez que c’est agréable  d’imaginer qu’un monstre pareil n’a que la rue à traverser pour être chez vous…

Gros bête, c’était une réclame pour je ne sais trop quoi. Tu es quand même d’une naïveté incroyable.

J’ai appris à lire et je sais ce que les mots veulent dire. Moi je n’écris pas Gette sur les toits, de toute façon je ne fais peur à personne alors que ce roi que je croyais mort depuis longtemps, de savoir qu’il était là….

Et moi, je suis bien là et tu ne fais pas tant d’histoires…

Ô vous ce n’est pas la même chose, je vous connais, je sais à quoi m’en tenir alors que l’autre je ne le connais pas, imaginez qu’il ait sonné à ma porte…

Tu inventes des histoires pour faire ton intéressant, Minos était en Crète et toi à Thessaloniki et il habitait dans un palais pas dans une maison minable.

Si vous le dites…

 

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