Paul-Armand Gette

Vingt deuxième conversation

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Je ne savais pas que tu aimais les bas.

Les bas ça va, ce sont les collants que je n’aime pas et je ne vais pas vous expliquez pourquoi.

Tu es aimable ce matin. Moi je m’en fous, je n’ai jamais porté ni les uns ni les autres, je me serais ruinée avec ses affûtiaux si peu pratiques. Tu me vois courir dans les ronciers avec des bas ?

Oui.

Je ne te comprendrais jamais. Je ne sais pas pourquoi j’ai dit ça. Je n’ai rien à faire dans les ronciers, je m’y grifferais les jambes, mais toi tu les aimes bien, tu parles souvent de tes Rubus, le fruticosus et l’idaeus. Tu en écrases les fruits sur les paumes de tes modèles, tu ne peux pas faire de la peinture comme tout le monde ?

Non.

Tu vas continuer longtemps avec tes réponses idiotes ?

Non, mais arrêtez de me faire des remarques déplaisantes. Vous êtes bien contente que je sois là, vous avez de drôles de manières de traiter les gens, je fais des efforts pour vous plaire et vous me critiquez sans cesse.

Je ne te critique pas, je t’écoute. Tu m’as presque convaincu qu’aujourd’hui la chasse était ridicule et les chasseurs de foutus imbéciles. Tu m’as amené à l’art sans pour autant que j’approuve tes vues un peu abruptes. Certaines me plaisent bien, la plupart devrais-je dire. Tu t’emportes un peu facilement à mon goût, mais je serais mal venue de te le reprocher…

J’aime mieux ça…

Qu’es-tu allé faire à Den Haag avec ton copain Toroni ?

M’occuper de vous, un peu comme à Nantes, mais pas tout à fait, il faut se renouveler de temps en temps, sinon on fatigue l’amateur…

Mon cher Paulo, tu ne m’as rien dit, tu me taquines avec ta Vénus alors que je suis au centre de tes pensées. J’ai hâte de voir ce que vous allez bien pouvoir faire, J’espère seulement n’avoir pas trop à en rougir.

 

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