Cadeau 3
Ne croyez pas que je cède à l’attitude gâteuse de ces hommes politiques qui ouvrent des musées pour étaler aux yeux du public ce que leur fonction leur a procuré, concernant tout au moins la part montrable des amabilités qu’ils échangent.
Certains des cadeaux que je reçois, j’en ai discuté avec Camille, sont bien partie intégrante de la liberté du modèle. Ils seraient alors le voile de ses intensions, je dirais le voile si transparent qu’il ne cache rien de ce qui pourtant ne se produira sans doute pas. Il est difficile de généraliser, on ne peut pas recouvrir de la même intention la pierre de Margit, la robe de Bénédicte et ce que je reçu justement de Camille : deux boîtes si en rapport avec le bain et certaines de mes images que nous étions bien loin du cadeau de circonstance qui n’est que la façon vulgaire de se débarrasser d’un rituel.
Ces roses destinées à la toilette et à se fondre dans l’eau du bain en disaient long sur les ablutions de la déesse ou du modèle. Il s’agissait d’une participation fantasmatique à la liberté du modèle, sa situation dans un espace pour imaginaire qu’il soit n’en diminue pas pour autant l’émotion que je ne manque pas de ressentir chaque fois que mon regard se pose sur ces roses en attente de ce qui ne se produira sans doute jamais sous mes yeux.
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