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TN – L’art est un bon sujet de conversation et poussant les choses un peu plus loin il incite à théoriser aussi bien sur sa modernité que sa pérennité. Tu lis les livres de ces beaux parleurs sur ces jolis sujets?

PA – Parfois, je jette un coup d’œil, c’est généralement ennuyeux.

TN – Comment te situes-tu parmi toutes ces tentatives de classification ?

PA – Je ne me situe pas, je continue mon petit bazar. Je ne sais pas dans quel courant ils me rangent, moderne postmoderne, peu m’importent, je vis aujourd’hui et je n’y peux rien. Quand je parle de la pérennité des sujets cela concerne surtout ceux qui m’intéressent. Il est évident que Cranach ne pouvait pas peindre la gare St. Lazare qui à mes yeux reste un petit sujet. La sensibilité et la manière de regarder changent et c’est tant mieux. Le médium employé pour produire des images a pour moi moins d’importance que le sujet, s’il le renforce tant mieux. Très franchement je ne me préoccupe pas de ces classifications. Sur le carton de notre prochaine manifestation au Gemeentemuseum de La Haye, Toroni est donné comme étant minimaliste et moi conceptuel, or ni l’un ni l’autre ne nous qualifions de cette façon, nous ne nous qualifions pas du tout, nous sommes des artistes un point c’est tout. Lui applique toujours la même méthode et moi aussi, c’est ce qui nous rapproche.

TN – Vous vous amusez de ça, lui utilise des empreintes de pinceau n° 50 et toi des empreintes de lumière quand tu emploies la photographie et des empreintes d’empreintes quand il s’agit de la photocopie, le public ne regarde pas vos collaborations de cette manière. Vous vous gardez bien de fournir des explications, les textes qui accompagnent vos publications restent parallèles et chacun se débrouille avec comme il peut.

PA – Tu es historienne et critique d’art, c’est à toi de te débrouiller. Dans un certain sens on te facilite le travail, tu nous entends… rigoler !

TN – Ah, c’est malin, tu m’aides vraiment beaucoup. Et l’institution qu’en penses-tu ?

PA – C’est selon, on lui a donné trop d’importance et c’est la faute des artistes qui lui courent après. Elle existe, alors pourquoi ne pas s’en servir, c’est un peu dangereux car elle récupère tout et n’hésite pas à gauchir ce qui lui est confié.

TN – Tu es contre ?

PA – Sous la forme qu’elle prend parfois, oui. Je dois aussi reconnaître que certains conservateurs font honnêtement leur travail aidant à des réalisations hors de portée des artistes. L’état est en embuscade, à nous d’être vigilant, c’est lui l’ennemi.

TN – Tu as des ambitions politiques pour tenir de pareils discours.

PA – Non.

TN – Tant mieux !

 

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