Paul-Armand Gette

Lettre à Mademoiselle

St-jacques

 

Chère Mademoiselle,

Je suis surpris de vous sembler « étonnant » car dans cet adjectif il y a un arrière bruit de tonnerre, par contre, je trouve que vous avez bien raison de prendre votre temps avec vos draps bien que j’ai hâte que vous me les montriez.

Votre goût pour les araignées et les insectes me plait beaucoup, d’autant plus qu’il est rare chez les personnes de votre sexe. Pourtant quoi de plus logique, après tout Arachné était une tisseuse hors pair. Bon elle a eu tort de vouloir aller chatouiller Athéna, qui entre nous devait être une foutue garce. Mais j’y pense, comme la femme du patron l’avait par dépit changée en araignée, c’est peut-être elle que vous avez gardé quelque temps au fond d’une de vos petites boîtes.

Votre désir d’exosquelette ressemble fort à une carapace que vous essayez de vous fabriquer, bon je vais attendre  que tout cela devienne exuvie, on verra bien alors ce qui apparaîtra, si je m’en réfère à la gent entomologique nous n’allons pas être déçu. A regarder vos dessins on dirait que vous n’avez que des jambes et des bras, c’est un peu dommage que vous ne profitiez pas de quelques plus grandes surfaces, vous auriez alors deux mains pour vous livrer à cette occupation. En me relisant je trouve que j’ai un sacré culot de vous suggérer de pareilles idées et je ne serais pas surpris qu’en retour vous m’envoyez un sort ou deux pour me calmer la langue, pas trop terribles quand même sinon je ne pourrais plus vous répondre !

Les résidences ne sont pas des sinécures. J’en ai accepté parfois en précisant bien que j’étais un résidant qui ne réside pas ou très peu. Ce ne sont pas les lieux qui posent problèmes (quoi que !), ce sont les autres (résidants !). En tout cas choisissez-les au sud de la Loire, c’est plus prudent.

Ma chère Demoiselle, je pars tout à l’heure pour visiter une fois de plus la grotte du Mas d’Azil dans laquelle on me convie à faire des choses, je vous en dirais plus demain à mon retour.

Ce fut l’habitat de ceux que nous avons appelé les Magdaléniens et on y a trouvé le crâne d’une jeune fille qui dû certainement y vivre. Je ne sais quel farceur imbu de sciences mais pas de délicatesse a affublé l’émouvant souvenir du diminutif de « Magda ». Pardonnez-moi si ce grossier savant (?) me fait monter le dégoût aux lèvres. Il me faut vaincre le peu d’envie que j’ai de troubler le silence du lieu qui est hélas aujourd’hui envahi de touristes auxquels vont s’ajouter l’exhibitionnisme d’une poignée d’artistes dont je vais faire partie. J’ai parlé de mes hésitations à celles d’entre vous qui acceptez parfois de les partager. Vous n’êtes en rien différentes de celle qui y vécue alors et les milliers d’années qui vous séparent n’ont pas ajouté un doigt à vos jolies mains, ni enlever une dent à vos sourires. Vous êtes les mêmes mes très chères (sic !) modèles. Dans le petit musée du village, on conserve des coquillages percés d’un trou qui ont sans doute paré les élégantes du coin, j’y vois la permanence d’un goût qui pourrait faire un joli sujet.

Justement mon amie Godeleine qui revenait des plages de l’Atlantique m’a offert un joli cadeau que je mets en tête de cette missive. Elle a aussi apporté, à votre intention une petite exuvie d’araignée. Je la garde pour vous la remettre au hasard d’une rencontre.

 

1 commentaire

1 Commentaire

  1. cecil 02/03/2009 02:18

    bonjour Paul Armand,
    Elle est bien belle cette image ; pas l’araignée, l’image !
    je vous embrasse
    Cécil
    PS j’ai cru que votre site ne marchait plus. avant de quitter mon bureau j’essayais de temps à autre d’aller vous lire et ces derniers temps cela ne marchait pas, j’ai presque cru que vous ou ils, empechaient de ce lieu mes visites. D’ici ça marche!
    PS je les connais ces petits jaunes, dans mes boites j’en ai quelques uns, ils sont difficiles à trouver!

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