Réflexion sur la déchirure

Mon Aphrodite déchirée, n’est pas le résultat de la colère. Elle est, compte tenu du passage du volume de l’original de Praxitèle au moulage puis à la photographie et pour finir à la photocopie le résultat d’un affinement du temps un peu comparable à celui qui lui a fait perdre tête, bras et jambes pour nous faire parvenir l’admirable torse que nous connaissons.
Mes déchirures sont la suite lointaine de mes dessins « Femmes et blessures » datant du début des années 60.
J’y songe sans arriver à me décider, je pressens un rapprochement possible sans pouvoir encore le définir. Mes déchirures sont toujours suivies de rapprochements et je suis loin de la quête d’Isis cherchant les fragments d’Osiris. Chez moi le fragment est généralement la résultante du regard rapproché et la « Déchirure » toujours celle d’une image. Je ne sais pas encore pourquoi j’ai procédé à ce rapprochement avec « Femmes et blessures », mais hier, je pensais titrer « Aphrodite déchirée » cette image recomposée que je vous propose. Il est évident que tout exercice d’un pouvoir quelconque déchire les individus et mes rapprochements seraient alors des tentatives de « recoller les morceaux ».
Une tentative rendue maladroite par l’émotion, un rapprochement un peu désespéré dans ce cas.
Après ça que l’on ne vienne pas me dire que l’exercice de l’art est une douce sinécure !
Paulo, tu abuses, tu fais ton précieux avec ta manière de placer souvent l’adjectif avant le nom, me souffle Tenebria de son Etrurie natale. Es-tu tenté par cette règle anglaise qui prendrait alors ici une couleur de dandysme ? Ou t’offres-tu un petit délire?
Tais-toi, Tenebria ! Malgré toute la tendresse soeurale que j’éprouve pour toi, je trouve que l’éloignement ne nous convient guère. Toi qui contrairement à ce qu’enseigne la génétique constitue mon parfait jumeau féminin ou si tu préfères mon double mirorique que le rapprochement le plus intime ne conduit jamais à la fusion, mais au regard rapproché de » la liberté du modèle », tu es une plus que parfaite Ada !
Cher Paulo, tu ne devrais pas rendre public ce genre de discours, tu pourrais m’en réserver la primeur à défaut de l’exclusivité…
C’est bien ce que je fais. De toute façon, Tenebria, il n’y a que toi qui puisses comprendre ce que je te dis.
Pas de commentaire
Pas encore de commentaires. Soyez le premier.
Laisser un commentaire