La mise au point

Une exposition où je montre les menstrues de la déesse sur la plage cet été.
Une autre où je montrerais ce que 4 modèles ont bien voulu me montrer.
Une chambre d’hôtel, où pendant 2 jours, je mettrais en scène ce qu’elle aurait pu être et qu’elle ne fut jamais.
Tu fais un inventaire ?
Pas d’ironie, je t’en prie. J’énumère ce qui m’attend et je trouve ça assez réjouissant. Je ne vais pas me fatiguer beaucoup, je reste dans un exhibitionnisme discret.
Tu vas te montrer tout nu ?
Rassure toi, je n’encours aucun danger, faire une exposition n’est pas encore interdit, bientôt sans doute mais pour le moment on peut encore en profiter. Les nuisibles ont d’autres choses à faire cet automne. Si jamais ils regardent ce que je faisais dans les années 80, ils vont couper tous les platanes, arracher les champs de pommes de terre et ne plus manger de tomates…
Si mes souvenirs sont exacts en 80 tu étais à Berlin et c’était l’exotisme (Ach so Exotik als Banalität !) qui occupait tout ton temps.
Oui, oui, c’est bien vu, c’est ce que je disais, ils ont oublié et s’ils me lisent, on est foutu.
Calme toi Paulo, soit tranquille, personne ne te lit et les platanes ne risquent rien.
Ah bon, tu es certaine de ce que tu dis ?
Ils ne vont pas toucher aux pommes de terre ?
Que tu es bête, pourquoi veux-tu qu’ils touchent aux pommes de terre ?
Elles sont américaines et du sud en plus !
Oublie tout ça, mais que faisais-tu à Berlin en plus de la satisfaction de tes banales passions exotiques ?
Je vivais gratuitement dans la même maison qu’Emmet William et les culottes des filles m’apportèrent la solution que je cherchais, exactement comme au bord de l’étang de Thau en 2008.
Pour obtenir de pareilles réponses, je ferais mieux de me taire. Comment veux-tu que j’exerce mon métier?
Change.
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