Paul-Armand Gette

Napoli

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Initiative de Tenebria

Il y a longtemps que je ne me suis pas exprimée en solo. C’est bien joli de dialoguer avec Paulo ou d’essayer de lui remonter le moral quand il s’enferme avec ses petites plantes. Il a passé tout l’été avec sa rose japonaise et maintenant il s’inquiète pour les pommes de terre après avoir entretenu Faïza d’une Impatiens rencontrée à côté d’une chapelle au-dessus de Forbach. Il devrait comprendre que le public a d’autres chats à fouetter même si c’est très vilain de fouetter les chats, le temps de la comtesse de Ségur née Rostopchine étant passé depuis bientôt deux siècles.

Je suis bien heureuse d’être Etrusque, mon pays ayant officiellement disparu, je n’en ai plus et ce n’est pas la biennale de Venise où d’ailleurs qui va m’empêcher de dormir. Elles sont d’un moche incommensurable ces vielles peaux et les curateurs sont à bout de souffle, regardez ce qui se passe sur les bords du Rhône à Lyon où un clou chassant l’autre le dernier se plante en ne sachant pas quoi y accrocher. Ma critique est un peu à l’emporte-pièce en ce temps où la philosophie aurait intérêt à revenir à ce qu’elle était c’est-à-dire une histoire d’amour plutôt qu’une logorrhée.

Réglons le problème une fois pour toute, l’attitude vis-à-vis de l’art ne peut pas être autre que subjective et vaines les discussions pour savoir si celui d’aujourd’hui et meilleur que celui d’hier. Il est produit, quelquefois de manière pléthorique, par l’espèce à laquelle nous appartenons, un point c’est tout. Si les institutions qui en vivent au détriment de ceux qui le produisent étalent trop souvent la preuve de leur incapacité disons qu’à moins d’être génial (str.s.) d’autres ne feraient pas mieux. Il y a certes des exceptions, mais elles sont rares. Cela dit, rien ne nous oblige de suivre les fonctionnaires, même si c’est nous qui les payons.

Alors que faire ?

Sans doute rien du tout, sinon écouter son sentiment et ne pas marcher au pas. La liberté ne consiste pas uniquement à choisir entre deux menteurs celui qui croyons-nous va nous sortir du trou en nous disant ce que nous devons faire ou pire penser. Je sais que c’est plus fatigant de penser un peu que de gueuler « vive lui » et que l’art ne va pas obligatoirement vous donner à bouffer, un petit coup d’œil pourtant vous éclaircirait les idées sans pour autant vous assouplir l’échine.

Je ne vous parle pas de l’art qui agite les foules, pas d’architecture pour vous révulser l’oeil, pas de musique pour vous soulever d’enthousiasme, sans parler des chansons qui vous chavirent le cœur, c’est le silencieux que je me contente d’évoquer, celui que vous conserverez sans peut-être savoir si vous le partagez.

 

 

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