Paul-Armand Gette

Mes Chères (Chers)

Cette langue est si imprégnée de masculin qu’il n’existe même pas de féminin au mot modèle et que le fait de faire passer les femmes avant les hommes, comme dans mon titre, m’oblige à une répétition alors que le contraire, ce serait traduit par un allégement de la parenthèse se limitant à un « es » entre parenthèses.

Donc « mes chères (chers) » :

Lectrices (teurs) des textes de nos chroniques réflexives (j’aurais pu écrire « blog » mais je trouve le mot horrible),

Contemplatrices (teurs) de nos images, je viens vous faire quelques reproches. Hors quelques-unes (uns), je ne vous entends guère. Vous me laissez ainsi que ma chère Etrusque et critique Tenebria dans le silence alors que nous avons soif de vous entendre.

J’espère que vous allez nous écouter, que vous répondrez en échos à nos interrogations, à nos colères comme à nos enthousiasmes.

Fin de nos doléances.

Vouloir déstabiliser l’ordre se heurte à l’état et ses institutions ce qui est plutôt réjouissant mais aussi à tous ceux qui ne veulent pas d’un état d’instabilité qui est pourtant indispensable à l’apparition de nouvelles émotions. Messieurs les commissaires, s’il vous plait cessez d’avoir des idées aussi stupides que celles qui nous valent aujourd’hui à Paris des expositions comme « Deadline » ou « Chasing Napoléon » et vous, la critique, cessez d’avaler les maigres croûtes dont vous vous délectez.

L’automne n’est pas réjouissant, les foires n’offrent rien d’autre que le fond commun de l’art, j’y ai vu des artistes monter la garde devant de minables productions. L’objet y est en tant que tel et les images n’ouvrent sur rien d’autre qu’elles mêmes. C’est dire si tout tourne en rond et c’est une bien triste sarabande. Les marchands un peu exsangues cherchent ce qui peut plaire aux clients et exhibent une marchandise insipide.

Sur d’autres plans, la politique se compromet, elle ne pêche pas en eau trouble, elle trouble l’eau pour se livrer à d’infâmes besognes. L’air se refroidi et l’approche de l’hiver n’arrange rien. Nous allons nous octroyer un espace de réflexion sans pour autant vous oublier. Une fois par semaine et jusqu’en janvier 2010 nous vous proposerons un regard sur la correspondance qui nous fut ou nous sera envoyée. Nous commençons par celle qui fut. Tenebria et moi comptons sur vous pour prendre le relais.

cadaques

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