utamaro-ukiyo-e Utamaro

I – Je n’ai pas été très populaire en privilégiant le sexe plutôt que la figure et je fus loin de pouvoir lui donner l’importance qu’il mérite tant il suscite de frayeurs dès qu’il est évoqué. Il ne s’agissait pourtant pas de faire n’importe quoi mais bien de découvrir quelle place mes interlocutrices (teurs) avait l’intention de lui accorder. C’est ainsi que je fus amené à retenir entre autres les cadeaux ou certaines attitudes qui loin de l’exhibitionnisme (que je suis loin de récuser) étaient évidemment en relation avec lui, ce que je n’hésiterais pas à considérer dans son ensemble comme une autre manifestation de la séduction. Une séduction plus distanciée et par délégation en quelque sorte. J’ai déjà traité le sujet et j’ai bien l’intention d’y revenir… si l’occasion m’en est offerte !

II – Quand je parle de copie (photocopie), j’entends relecture d’une image et non tentative frauduleuse de reproduire ce qui serait un original. La photocopie de la reproduction d’un tableau, de moi ou de n’importe qui, ne cherche à tromper personne, pas plus que la photographie n’avait la prétention de reproduire un réel dont souvent tout le monde se fout. Enfin, à la réflexion, peut-être pas tant que ça. Certes si je dis que la photographie me permet de dire que j’étais là, ce qui prime c’est bien évidemment l’ouverture qu’elle provoque dans l’imaginaire du spectateur. Ma main sur celle du modèle ou sur toute autre partie de son corps lui permet d’inventer une suite dont je ne saurais jamais rien et qui est sans doute ce que l’art peut nous offrir de plus réjouissant. Nous sommes alors loin du spirituel dans tous les sens du terme. Qu’il soit placé au dessus de nos têtes, dans l’art (!), ou qu’il désigne les très mauvais jeux de mots dont certains usent et abusent sans vergogne, je m’en passe très volontiers.

Le temps passant, j’aurais assez tendance à considérer l’art comme une affaire de distance proposée dont l’usage reste à la disposition de ceux qui veulent bien la prendre en considération, alors que l’on ne vienne pas me rebattre les oreilles avec l’élitisme. L’actualité de l’art, c’est aussi bien Cranach qu’Utamaro. Notre appréhension du temps ne vaut pas grand chose.

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