Paul-Armand Gette

« Estivités »

Marie

Voici venu le temps des grands déballages, Arles se paye celui de la photographie, le Rhône n’étant pas loin, si il y foutait tout ce bazar on irait voir à quoi il ressemble après un petit bain sur les bords de la Méditerranée, en quelque sorte avec une pierre deux coups. Ils ont le doigt preste les photographes, la prise de vue en rafale tout frais sortis de l’école, sans erreur on peut dire qu’ils deviennent de plus en plus ennuyeux.

C’est bien joli tout ça sans être très plaisant, pour trouver pitance parmi le déballage estival il faut se livrer à un travail considérable et comme je ne déteste rien de plus au monde que le travail, vous pouvez imaginer mon épuisement. J’avais espéré que ces « estivités » seraient des sujets de délectations de modestes dimensions faciles à parcourir et bien pas du tout ce sont des braderies dans lesquels ils faut fouiller pour ne pas rater la perle rare qui gît peut-être sous des monceaux de rossignols. L’été n’arrange rien, ça les excite plutôt, rien ne les arrête, c’est la faute à la chaleur, dans tout les coins c’est l’épandage, l’art dans chaque village, bientôt une biennale par hameau avec l’apéritif d’honneur pour lancer le picrate du coin. Ah mes amis, pitié, trop c’est trop. Il faut revenir à la carte postale et supprimer la boisson ou gare à l’ulcère à l’estomac.

Tout ça c’est la faute à Arman !

Cher Arman, toi qui est mort on ne sait pas trop comment, tu avais préfiguré, et avec quel humour, ce sous quoi nous croulons. Tant que ce sont  les réfrigérateurs ou les voitures qui sortent des usines comme fiente de Geotrupes bien attablé devant une succulente bouse, on se contentait de rigoler, on allait les voir les « accumulations » gigantesques et industrielles pourrissant faute de clients, mais maintenant les matraqueurs patentés passent à la vitesse supérieure. Merci messieurs les organisateurs du prêt à porter artistique. Au fait, l’est-il encore artistique ?

1 commentaire

1 Commentaire

  1. Mathilde 03/08/2010 11:05

    On avait rêvé (enfin nos parents plutôt..) de « l’art pour tous » et on nous refile de « l’art pour n’importe qui »…
    Je ne sais pas pourquoi les gens pensent qu’il est devenu indispensable de s’interesser à l’art, ils ont dû voir ça dans une pub, à la télé, mais l’art se porterait bien mieux si ces touristes arrètaient de s’y interesser non?
    Messieurs dames, l’art n’a pas besoin de vous. Pire, vous l’étouffez.
    Férré disait: « la pensée mise en commun est une pensée commune », on est en plein dedans!

Laisser un commentaire