Tenebria prend la parole

Fort de la Miotte

Je ne pensais pas si bien dire. Qu’as tu fait pour arriver à ce beau résultat ?

Je l’ai bien observé, ton lamellibranche, tu te moques de moi. Je ne suis pas idiote ni aveugle, sur la coquille il y a ton Fucus et ton Ulva et ce n’est pas toi qui les as ajouté. Tu suis tes propres conseils, non seulement tu prends ton temps, mais tu le perds. Où vas tu aller avec tes enchaînements et où veux-tu nous emmener ?

Je vais te le dire : Nulle part mon joli et je t’entends déjà rigoler.

Celui-là tu ne pouvais pas le prévoir, il t’est tombé sous la main, tu nous avais embarqué avec Sophie, les algues et le dessin et je me demandais comment tu allais t’en sortir, même si te connaissant bien, tu n’avais sans doute aucune envie de t’échapper. Je pense que tu avais l’intention de nous rejouer pour la centième fois « La naissance de Vénus » en te disant que nous n’y verrions que du feu. Tu serais resté sur la rive en nous faisant au revoir de la main, tu te serais débarrassé de nous. Heureusement que je suis là, je les ai vu tes algues sur ton huître et je connais par cœur ta musique.

La déesse t’a tendu une perche, enfin une huître, tu peux lui dire merci. Elle doit t’avoir à la bonne celle-là pour t’aider à te tirer des guêpiers dans lesquels tu te fourres sans que tu te tracasses beaucoup pour en sortir.

Je connais ta réponse, tu vas encore me dire que la question n’est pas là, que ce que j’appelle un « guêpier » te convient parfaitement, qu’entre ton huître et les tonnes du bloc que tu as collé devant le mur du Fort de la Miotte à Belfort en 1996, il n’y a pas de différence. Tout cela à t’entendre ressort de ta pratique de l’art, c’est aux autres de se débrouiller avec.

Mon cher Paulo, à part trois ou quatre personnes avec qui tu partages quelques petits sourires (en coin !) on passe à côté de tes bazars sans même cligner de l’œil. Voilà ce que la critique d’art que je suis peut dire et je suis sans doute la seule tant mes consœurs (et frères) sont de vraies feignasses!

Va te coucher, tu rêveras peut-être à ce que tu vas en faire, demain ou l’année prochaine, de tes algues et de tes coquillages.

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