Il y a des jours où…


Cette histoire de « Prix Marcel Duchamp » me reste dans la gorge. Je ne suis pas certain que « Victor » ait apprécié beaucoup ce genre de simagrée. On aurait pu espérer que les artistes ne se prêtent pas à ce jeu ridicule. Et bien non, quelques-uns se sont rués sur la soupe sans vergogne. Un prix, voyez-vous ça, une médaille pour quoi pas, la bleue en attendant la rouge. Au siècle dernier on disait « bête comme un peintre », il serait temps de trouver une autre appellation pour ces individus à l’échine bien souple qui salissent la profession. J’ai tors de me mettre en colère de cette façon devant l’infamie des pompiers d’aujourd’hui, car c’est bien de ça qu’il s’agit.

La grande escroquerie, c’est une pratique effrontée de la confusion mise en place à tous les étages. Aucune des familles politiques qui composent ce Cloaca Maxima n’y échappent. Certains mouvements de foules comme la Commune ou ce qui se passe en ce moment en Tunisie laissent entrevoir ce que pourrait être LA VIE, mais le malheur est en embuscade, il guette obstinément, l’éclaircie est de courte durée et la sinistre gueule de l’ordre ne tarde jamais à sortir rapidement de l’ombre. C’est alors le sang, que ce soit Monsieur Thiers ou un quelconque tyran qui le fassent couler, je n’arrive pas à voir de différence ni à m’en réjouir. J’ai mauvais caractère sans doute.

Les beaux instants du « Temps des cerises » sont de courte durée et je ne m’en consolerais jamais, même si bien peu de chose me fait généralement sourire. Je reste irrémédiablement marqué par ce qui me vient de ces ancêtres canuts lyonnais que je n’ai connu que par ce que j’en ai entendu dire durant mon enfance et qui m’a laissé une marque qui pour être peu visible n’en est pas moins profonde. J’ai envie de croire que je me suis réfugié dans l’art non pour y échapper mais parce que je pense encore  que c’est le seul espace où cette flamme ne risque pas de s’éteindre.

Je n’ai aujourd’hui pas d’autre ambition que de la protéger quitte à m’y brûler les doigts ou de la confier à une belle amie pour me la conserver.

Une réflexion sur « Il y a des jours où… »

  1. heureusement les pompiers finissent toujours par tomber dans les oubliettes de l’histoire… ils aurons le temps de dessiner sur les murs des latrines!

    je partage avec toi, dans le jardin de l’enfance, la marque silencieuse du Temps des cerises.

    vulpes

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *