En octobre, je vais convoquer mes petits fantômes pour une exposition à la galerie Incognito. Je vais leur faire rencontrer le dessin. Un dessin et une photographie de même format, l’un à côté de l’autre, dans le même cadre, comme ça ils ne pourront pas se sauver, il faudra bien qu’ils cohabitent. Si après ça, ils m’appellent encore photographe, c’est à désespérer de tout. Parce qu’il paraît que je suis un photographe français en plus, comme si ça ne suffisait pas d’être photographe, il faut que je sois français, moi qui me fous de l’un comme de l’autre. Ce qu’il y a de rigolo dans mon affaire, c’est que la photographie va disparaître relativement vite, le fantôme va foutre le camp, alors que le dessin va perdurer car je dessine avec des encres de bonne qualité. C’est important de savoir avec quoi on dessine, j’aime bien l’encre de seiche ou de calamar, et si vous avez l’odorat un peu fin vous sentirez, en vous approchant, la mer ou le sexe, c’est au choix et comme je ne dessine pratiquement que des sexes (féminins) vous m’accorderez que l’adéquation du médium au sujet est on ne peut plus pertinente et quand il m’arrive de les lécher (mes dessins) on atteint, dans la pertinence, des sommets rarement atteints.

Tenebria – Paulo, j’imagine que se sont des choses qui se font (quoique lécher des dessins !) mais qui ne se disent pas dans notre société. Tu peux faire impunément toutes sortes d’escroqueries, mais enfin pas lécher. Si jamais ils te lisent dans les grands musées, ils vont t’en interdire l’accès, des fois que l’envie te vienne l’aller lécher les fesses de mademoiselle Murphy ou l’entre-jambe de la Diane de Watteau au Louvre…

Du calme, lécher la peinture pouah, je ne lèche que mes dessins et uniquement dans l’exercice de ma profession, quand tu as les mains occupées, à dessiner, la langue est un outil bien pratique quand tu as besoin d’un peu d’humidité…

Ah bon, j’ai eu peur.

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Une réflexion sur «  »

  1. LUMEN IN TENEBRIS LUCET

    Le sexe. L’estuaire possible. Entre deux lignes.
    Mais choisir leur position.
    Vie d’angle. Ou en parralèle.
    Pour voir le sexe il faut tourner cet angle et non suivre les segments jumeaux.
    Amant blanc, âme en noir.
    Rapprocher l’infini des parallèles pour qu’elles se rejoignent.
    En estuaire.
    En limon.
    Quand la mère est lasse.
    Je dis mère car elle fut la première des femmes.
    Fit tout pour ne pas l’avoir.
    Tout sauf le nécessaire.
    Me privant de re-père.
    Si bien qu’à force marées lasses.
    Héros zéro.
    Des cheveux blancs.
    Griserie tout de même.
    Imaginer une silhouette assise sur un lit.
    Une femme à la Hopper.
    Au sexe muet, indifférent, sec.
    L’huiler de salive d’une main experte.
    Lumière faible.
    Bientôt couleur rancune ou percussion pianissimo.
    Au bout du bout « Viens » dit-elle. Puis finalement assez.
    Tout cela plus éternel que dieu lui-même.

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