La photographie considérée comme un art, c’est bien ennuyeux et je me demande toujours pourquoi on éprouve le besoin d’en demander plus à ce que les choses peuvent donner. C’était déjà bien beau cette matérialisation du regard que la peinture avait tant de mal à obtenir. Certes la photographie est un peu cyclopéenne sans que ce soit bien gênant. On aurait dû s’arrêter là. On pouvait enfin savoir ce que les gens regardaient alors qu’avant on ne pouvait que le supposer en tentant de suivre la direction du regard sans avoir jamais de certitude ou de se fier à je ne sais trop quoi, la représentation peut-être. Je suis bien fâché de tout cela, surtout quand ils disent que je suis un photographe, c’est stupide, on ne dit pas d’un écrivain qui utilise un stylo qu’il est un stylographe !

Vous avez compris que je n’aime pas les photographes.

Aujourd’hui, je pense que ce goût que j’avais étant enfant (que j’ai encore aujourd’hui) pour certaines sciences de la nature vient avant tout d’un impérieux désir de voir plutôt que de connaître. De voir et de toucher d’autres choses, si on peut appeler « choses » ce à quoi je pense, de goûter de la langue et de sentir, beaucoup moins d’entendre.

Enfin entendons nous, si je vilipende la musique ce serait plutôt celle que Satie appelait d’ameublement ou les américains « musac », ce bruitage de tout qui accompagne aussi bien les baisers que la marche des hannetons un soir d’été.

Vous avez compris que le silence ne m’est pas insupportable.

Ma (très) chère Tenebria, si tu n’avais pas préféré les bords de l’Arno à ta présence à mes côtés, car en cherchant bien, je dois en avoir plusieurs, j’aurais pu montrer, en ce début de mois de septembre, une image de toi que je t’aurais demandé de choisir, alors que je suis dans l’obligation de décider moi-même ce qui vous donnera le courage de continuer à me lire.

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Une réflexion sur «  »

  1. Dieu ! que tes commentaires sur la photo nous éloignent « toi » et « moi » et pourtant… j’entrevois dans les notes de ce blog quelque chose qui me concerne, voire même qui m’émeut et que je ne sais où situer. Est-ce cette histoire du « regard » en peinture, ou ces impressions-souvenirs de ton enfance, ou bien ton jugement(après celui de Satie) sur ce fameux « musac » révélant ton besoin de silence ? je n’en sais rien mais, en fin de lecture, la distance éprouvée au début me semble quasi abolie et je me sens d’un coup prêt à suivre avec intérêts d’autres vagabondages de ta pensée :-). Cordialement à toi. Bernard.

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