Je ne te dirais pas si tu me fais rougir de honte ou de plaisir avec tes propositions. Je comprends que tu fasses une photographie quand tu crois voir sur la plage la petite danseuse de Degas avec un tutu rose mais pas de nœud dans les cheveux, je retrouve là ton goût pour le féminin que les abrutis traduisent immédiatement en jours de tôle. Je comprends que tu fasses une deuxième photographie quand elle se baisse pour ramasser on ne sait quoi et qu’elle montre ses culottes blanches que tu as dit être celles que tu préfères à l’ombre des jupes. Bref, en tant qu’historienne de l’art et plus spécifiquement du tien, encore une fois je comprends que cette brusque résurgence du sujet qui te passionna au début des années 70 et qui te valut les désagréables réflexions d’une dame en 1980, ne te laisse pas indifférent.

Tout ce que je viens d’évoquer trouve sa place dans ce que tu appelles « ton œuvre » et je ne peux qu’admirer la constance et la diversité de tes intérêts. Que dis-je « la constance », il s’agit plutôt de la foudroyante évolution qui en quarante ans t’a fait franchir les redoutables étapes que les transformations toutes hormonales que subissaient tes « petites filles modèles » te conduisirent au Toucher du modèle pour en arriver,  aujourd’hui à cette toilette intime qui reste dans la gorge du rare public qui se déplace pour regarder ce que tu rapportes quand tu te trouves en état de « vacance ».

Voilà bien où se trouve le danger pour toi. Au lieu de profiter de tes vacances pour te reposer, tu passes ton temps comme un paléontologue à combler les vides de ton rameau phylétique et comme ton rameau est dans le genre touffu, tu n’en a jamais terminé et moi je rame pour essayer d’éclaircir tes obscurités pour un public souvent absent.

Si tu t’étais contenté de photographier les gamines sur la plage, j’en aurais terminé avec ma chronique. Sans doute pour rester dans la continuité tu avais emporté ton 0m. qui depuis 1974 ne te quitte guère. Je n’en dirais rien car ton livre « Des cheveux de Vénus aux splendeurs de la nuit » (éd. Musée Gassendi, Digne et Yellow Now 2011) contient une étude de Lydie Rekow-Fond qui me dispense d’en rajouter.

Par contre ta nouvelle rencontre avec Mya arenaris L., la moule des sables, et l’usage que tu fais de ses valves sera le sujet de ma prochaine chronique. et je serais loin d’en avoir terminé avec tes amusements estivaux.

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Une réflexion sur «  »

  1. MARE NOSTRUM

    Arc du sexe Œil de vie. Grand terrain de nulle part et invisible respir d’une divinité lunaire jouissant entre terre et ciel du plain-chant des abîmes. Buisson ardent, caresse de crépuscule. Roches, petits bassins d’eau salée, poches bosselées d’un contenu énigmatique. Seules comptent la peur et l’audace des images et des mots à naître. Plus loin il y a quelqu’un qui regarde la mer. Il porte un grand ciré : rien ne pouvait lui arriver qu’un grognement de joie. Lorsque la mer change de robe et que son sexe est plus profond que la nuit il n’en bouge pas. L’un et l’autre ont en commun que ce qui les sépare : un bord d’ombre, un duvet si fin que la mer dépose aux heures chaudes de l’été du corps. Les images qu’elle renvoie se répandent muettes. Elles créent l’interstice, le passage, la jetée. Zébrures d’anges sous les arches grises du temps. Le corps reste en amont de son âme et à la conquête de sa source demeure voué à l’inconnaissable. Son secret est le jadis. Il précède le temps comme le temps l’a précédé forcément. Amont sans langage, amont animal de l’histoire. Verrou du nombril. L’infantia comme le silence de la mer est première. La parole seconde – comme l’oubli et la mémoire – ces deux faces de la même pièce.

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