Le soulagement d’Artémis

C’est Lukas Cranach qui l’a montré et pas qu’une fois en plus. A partir de cette constatation dont je m’entretins avec Bernard Marcadé au mois de septembre 1986 (cf. NYMPHAEA, publication de la galerie Claire Burrus, Paris 1986) le sujet connu quelques développements dans ma recherche. Ma lettre aux institutions (Textes très peu choisis, p. 126. Col. Ecrits d’artistes du XXème siècle, éd. art & art, Dijon datant de l’année précédente et sollicitant une autorisation de me manifester dans les toilettes des musées n’est pas loin de cet intérêt.
Ensuite, il me fallut attendre et entre temps je continuais de m’occuper de mon petit Panthéon n’ayant ni l’envie ni le temps de porter attention à une multitude. Deux grandes déesses et quelques nymphes croisèrent ma route quand elles en eurent l’envie.
Depuis 1970, les petites filles avaient grandi et je pus demander à Pernilla puis à Sophie si je pouvais les toucher. Oh, pas n’importe comment, mais avec toute l’attention que réclame ce passage de l’optique à l’haptique, les deux étant inscrits dans l’espace de l’art. Certes on ne peut pas se toucher sans arrêts et en 1991 le coloriage apporta des divertissements qui réjouirent aussi bien mes amies que moi-même. Ce fut justement au cours de l’un d’eux (1995), évoquant Artémis grâce à la couleur verte réclamée par Babeth pour colorier l’aréole d’un de ses seins, que l’aidant à l’enlever, nous découvrîmes ultérieurement que la toilette se trouvait, elle aussi pérennisée car nous avions oublié d’arrêter la camera vidéo.
TL – J’ai l’impression que tu perds de vue ton sujet.
PA – Pas du tout, je te retrace les étapes du parcours qui te montre comment les choses se sont passées en se succédant. Sans ces enchaînements ce que Enna va me proposer en 2001 n’aurait eu aucune chance de se produire.
TL – Oui, je comprends bien, mais que t’a elle proposé ?
PA – Le pipi de Diane dans le jardin de la Villa Saint Clair à Sète.
TL – Enfin tu y étais arrivé au soulagement d’Artémis, offert par Enna c’était autre chose.
PA – Tout juste et il se termina par la toilette intime du modèle.
TL – Si j’ai bien compté il t’a fallu 15 ans pour y arriver.
PA – Exactement et ça valait la peine d’attendre.
TL – Tu n’es pas le premier à te pencher sur ce joli sujet. Rembrandt, Picasso…
PA – Je n’ai jamais dit ça, il ne s’agit pas de primauté, les grecs déjà, puis avec l’Aurora consurgens et bien d’autres. Ce que je voulais te montrer, c’était la manière dont le sujet s’était progressivement imposé, son cheminement en quelque sorte, ce dont la critique s’occupe généralement peu. C’est un cadeau que je te fais, maintenant tu peux écrire ce que tu veux en connaissance de cause.
TL – Tu as raison c’est toujours mieux de se renseigner à la source.
PA – Dans ce cas c’est effectivement d’une grande pertinence.

Divergence!

PA – L’avantage de l’écriture sur la peinture c’est que la page est moins (beaucoup moins ?) contraignante que le tableau.
TL – Qu‘est ce que tu racontes, c’est la même chose, page ou tableau dans les deux cas il faut remplir.
PA – Oui c’est vrai, mais avec l’écriture tu peux tourner la page alors qu’avec le tableau…
TL – Oh, je t’en prie arrête tes raisonnements du samedi matin. De toute façon, tu t’en fous, la peinture n’est pas ton truc…
PA – D’abord, la peinture n’est pas un truc, c’est un art. Ensuite, il m’arrive d’y recourir comme quand je voulais te montrer La théophanie d’Artémis.
TL – Menteur, ce n’était pas pour moi, c’était pour faire l’intéressant devant ta déesse qui se moquait de toi.

La Friche de la Belle de Mai


Il en est des noms comme des êtres, certains sont aptes à vous faire rêver. La Belle de Mai à Marseille et la rue de La Grange aux Belles à Paris sont parmi ceux qui ont la plus grande faculté d’ouvrir sur des espaces imaginaires que j’ai quelques difficultés à  définir, bien que chaque fois que je les entends prononcés, j’éprouve une émotion tendre qui immanquablement m’amène au sourire. Continuer la lecture de La Friche de la Belle de Mai

Artémis, Kalydon, Artemisia etc…

Kalydon, je m’en fous, elle l’a transformé en rocher. S’il est là (dans ma vitrine) c’est justement parce qu’il est rocher, bloc/sculpture comme je les appelle. Artémis et Artemisia constituent un couple qui m’est plus familier. La déesse me fout toujours un peu la trouille et la plante a failli m’étouffer un jour que je l’approchais pour lui caresser la feuille, au Bois de Vincennes. Comme je suis artiste, il me faut bien prendre des risques de temps en temps, sinon la vie serait trop monotone, alors, je me lance. Continuer la lecture de Artémis, Kalydon, Artemisia etc…

Ah ! Douceur…


Avec les Kourabiedes (offerts par Catherine P.), les douceurs helléniques atteignent des sommets qui sans être ceux de l’Olympe n’en sont pas moins faramineux !

Ces croissants saupoudrés de sucre glace, pourraient bien avoir quelque chose à voir avec Artémis, dans ce cas avec quelle délectation, je lui lècherais le croissant jusqu’à découvrir sous la glace du sucre l’amande attique de la déesse… Continuer la lecture de Ah ! Douceur…

La politique ne résiste pas à l’optique !

Naturellement il y a quelques « bons » artistes un peu partout, pas beaucoup, mais quelques-uns, c’est long pour s’apercevoir qu’ils existent. C’est comme ça, on y peut rien et ça n’empêche pas le monde de tourner sous l’œil de nos amis qui se remplissent les poches. Ne vous étonnez pas si je parle de nos amis, j’ai oublié l’adjectif en route, politiques bien sûr, en avons-nous d’autres d’ailleurs ?
Ils s’occupent bien de nous, ils ont encore parfois besoin d’un petit coup de main ou de voix pour s’installer dans un semblant de légitimité, les biens élus de tous bords. Ils ont tellement envie de voir le bien qu’ils nous veulent tout illuminé par lui, nous ou l’intérieur de leurs poches ? Continuer la lecture de La politique ne résiste pas à l’optique !

Vous allez bien ?

A cette question, j’ai tendance à répondre – je vais et ce n’est déjà pas si mal, Si le questionneur veut en savoir plus, par exemple où, alors là je suis incapable de répondre bien que je sois tenté de lui dire où vous voulez si vous voulez bien m’accompagner, j’en serais très heureux, car si je n’aime pas vivre en groupe je n’aime pas non plus être seul. Continuer la lecture de Vous allez bien ?

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Fantômes

Ma petite chronique n’a pas eu le don de plaire à tout le monde après Tenebria dont la plume frémit d’impatience, Aphrodite et Artémis ont dépensé des fortunes en me téléphonant. Je les ai foutu en rogne mes déesses avec mes histoires de fées. Il fallait les entendre gueuler en chœur, pour une fois elles étaient d’accord pour me souhaiter ma fête. Continuer la lecture de Suite

Vous avez dit Artemisia ?

artemisia-Artémis blog

Monsieur insiste et joue les obstinés, à peine sorti de ton château te voilà en train de nous donner ta musique préférée au pays de Rubens. Dans la citée des diamants tu ne caches pas tes intentions, tu annonces la couleur sans ambiguïté, les Menstrues de la déesse s’étalent sur ta carte d’invitation surmontant il est vrai ton emprunt à Lukas Cranach le Fontis Nympha sacri somnum ne rumpe quiesco que tu avais, entre autre, installé dans les toilettes du MNAM à Paris lors de l’exposition « Féminin masculin », tu t’imagines peut-être que les gens s’en souviennent. Nous voilà beau avec tes subtilités que tu es le seul à comprendre, heureusement que je suis là, sans moi tes allusions ne dépasserais pas ton entourage, et encore ! Continuer la lecture de Vous avez dit Artemisia ?

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Fontis P.A. blog

Il était bien inspiré l’ami Lukas, tout comme Dürer il a même touché à la Melancholia, mais je n’en ai pas terminé avec ses Nymphes ou plutôt ses Artémis. J’avais raconté tout ça à Enna et elle s’est glissée là-dedans comme une main dans un gant. Elle m’a fait des cadeaux superbes, certains je n’en suis pas encore revenu, elle n’a pas dissocié la miction de la déesse, elle me l’a donné dans le jardin de la Villa Saint Clair à Sète. Quant à la veste camouflage, elle en a fait son affaire et c’est alors moi qui est poussé la dislocation des éléments un peu plus loin. J’ai conservé l’épigraphie (fausse d’ailleurs, c’est un produit de la Renaissance !) en lui donnant une réalité, je l’ai fait graver dans la pierre, La cascade aussi je l’ai un peu éloignée sans la précipiter aux antipodes et la chère Enna avec ma veste camouflage réalisa une belle synthèse entre la déesse et la nymphe qui n’aurait pas déplu à Lukas.

Je prends des libertés me direz-vous, mais où allons-nous si l’art n’en prend pas dans cette sinistre époque ?

Au trou mes chers amis et le plus noir qui se puisse imaginer !