TL – Tu te lèves tôt pour assister à cette merveille ?

PA – Vers les 8 heures. Avant c’est trop tôt, après c’est trop tard.

TL – Merci beaucoup, tu es toujours d’une grande précision.

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TL – Monsieur se repose, tu vas entrer en hibernation toi qui déteste l’automne ?

PA – Non, mais j’ai quelques inquiétudes.

TL – Etant donné (!) le pays où tu vis, j’avoue qu’il y a de quoi. Tu aurais dû foutre le camp il y a longtemps. J’ai entendu dire que tu allais en Grèce au printemps, c’est vrai cette histoire ?

PA – J’aimerais bien y aller voir si quelques nymphes se cachent autour de l’Acropole.

TL – Pour ça, tu peux rester ici. D’abord, il y a moi et j’en ai vu venir te rendre visite dernièrement, alors pas la peine de courir au diable pour voir les Nymphes.

PA – Mais en Grèce c’est l’origine.

TL – Oh, je te vois venir avec ton origine. Tu es déjà allé te promener sur la plage de Litohoro, visiter la Villa Dionysos et le petit temple d’Artémis à Dion à la fin du siècle dernier, ça devrait te suffire et en plus tu n’aimes pas les voyages.

PA – Ce n’est pas parce que tu es Etrusque qu’il faut être jalouse des Grecques et si tout va bien je ferais une exposition à Athènes.

TL – Nous y voilà, c’est ça qui t’attire, mais mon pauvre ami, ils ne vont pas aimer ce que tu fais, c’est le pays de l’art classique, de la beauté formelle, Winckelmann s’y est cassé les dents. Si tu gigotes trop, ton Artémis va te tirer une flèche, ton Aphrodite te reprocher tes privautés, tu lui as foutu tout ce qui te passait par les mains entre les jambes, les galets, les coquillages, les algues, les pétales de roses, que sais-je encore.

PA – Je n’ai pas l’impression que ça lui ai déplu, je suis toujours là, de toute façon je lui avais demandé la permission, je ne suis pas fou à ce point, je tiens à ma vie et tu sais bien que même Artémis me supporte, ne m’a-t-elle pas dit que j’étais son artiste préféré, après Lukas toutefois, mais lui il n’est plus là alors j’ai toutes mes chances.

TL – Misère, que ne faut-il pas entendre, et l’histoire de l’art qu’en fais-tu ?

PA – Rien du tout, je m’en fou, l’histoire n’est pas l’art et je suis artiste et pas historien.

TL – Oufa ! Tu m’emmèneras voir les Nymphes au printemps ?

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Le 9 août, je suis invité à déjeuner par des amies dont l’une a une villa située pas très loin de la plage. Malgré un vent violent, elles décident d’aller se baigner et je les accompagne. La plage était déserte et sur la balustrade d’une cabine je trouve la partie supérieure d’un maillot de bain qui vu sa taille a été oubliée par une adolescente ou une très jeune femme. J’en fais une photographie ainsi que des cabines et de la mer. A partir de ça j’invente une histoire de rendez-vous manqué que j’aurais pu avoir avec cette personne.

TL – En somme tu te compliques la vie !

En regardant les images je m’aperçois de la photographie du vêtement de bains est floue et sa couleur bleu ne me plaît pas beaucoup, ce qui me contrarie. Quelques jours plus tard, je décide d’acheter non plus un haut mais un slip de bain de petite taille d’une autre couleur et de le photographier sur une autre plage car je n’ai pas envie de retourner sur la première. Je pense toutefois conserver le même scénario.

TL – Un vrai roman ton histoire.

Evidemment les choses ne s’arrangent pas très bien et après plusieurs essais, je photographie le slip accroché à la rampe d’un escalier reliant un ponton au sable de la plage. La présence d’une importante touffe d’Atriplex littoralis L. me procure un agréable contraste avec la couleur du slip.

TL – Et tu as besoin de raconter tout ça ?

PA – Tu es historienne, je pensais que cela pouvait t’intéresser.

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TL – T’étais où ?

PA – Je t’en prie ne parle pas comme un homme politique, tu as plus de 400 mots dans ton vocabulaire. Si tu veux tout savoir, j’étais là-bas.

TL – C’est où là-bas ?

PA – C’est loin, enfin pas très.

TL – Ah, je me souviens, tu es allé voir ta belle japonaise et elle était contente de te voir ?

PA – Ça, tu n’as qu’à lui demander, mais je ne pense pas qu’elle te réponde.

TL – C’est tout ce que tu as fait, de lui photographier les pétales.

PA – Ce n’est pas tous les jours que j’ai la chance de pouvoir le faire.

TL – Et moi quand est-ce que tu me les photographieras les pétales ?

PA – Je doute que tu me permettes alors de les montrer.

TL – Commence à les photographier, on verra après.

PA – On va avoir des histoires !

TL – Pourquoi, tu montres bien les siens.

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TL – Qu’est-ce que c’est que ça ?

PA – Une composition et un résumé.

TL – Pas de pirouette je te prie. Je vais être obligée de répondre à des questions et avec ton « résumé » comme tu l’appelles, les gens ne vont pas voir du tout ce que tu résumes en mettant la main dans une de mes culottes quand je n’y suis pas.

PA – Tu n’es pas où ?

TL – Dans mes culottes et ce n’est pas parce que généralement je n’en porte pas que tu peux t’amuser avec.

PA – Je ne m’amuse pas, je suis dans une pratique de l’art. C’est agaçant ce goût continuel pour l’explication, il suffit de regarder, tout y est dans ma composition !

TL – Peut-être, mais elle a une drôle d’allure ta rose.

PA – D’abord ce n’est pas la mienne. C’est Yves et Vincent qui me l’ont offerte et après l’avoir photographiée, je vais la manger. Continuer la lecture de

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Quand l’eau du Verdon monte à la tête de Madame la Mairesse

Méfiez-vous, éviter soigneusement Moustier Sainte-Marie, il y souffle un air de censure, l’élue du coin a un goût certain pour le contre-plaqué, elle en recouvre les œuvres d’art. C’est les grotesques qui dérangent la dame. Ce qui est grave, c’est qu’elle va avoir du boulot et contribuer ainsi à la déforestation de la planète.

Pourtant dans le musée de la Faïence la Diane se baigne avec ses Nymphes dans un petit bassin, elles sont toutes nues les belles demoiselles si Madame la Mairesse regarde le joli plat elle va se retrouver biche aussi sec, alors vite un petit bout de contre-plaqué sinon ils vont rigoler les habitants du village en chantant « biche, ma biche » quand ils la croiseront !

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TL – Tu n’as pas pu t’empêcher de mettre mes culottes sur ton site, ils n’en ont pas marre « les contemplateurs de ton œuvre » ?

PA – Ça je n’en sais rien. Le petit linge présente pour moi un double avantage, il a généralement des qualités plastiques certaines et ensuite une faculté d’élargir l’espace imaginaire bien au-delà de ce que faisaient les torchons dans les natures mortes.

TL – Le coup du torchon, tu me l’as déjà fait et chaque fois tu rigoles, pourtant je préférerais que tu m’entretiennes de ton intérêt nouveau pour les aiguilles de pin. Alors que la Monumenta envahie le Grand Palais, que nombre de tes collègues font la grenouille, tu sais celle de La Fontaine, toi tu tripotes des aiguilles des pins, je ne comprends rien à ce que tu bricoles.

PA – Si tu avais bien lu ce que Mireille m’écrivait « Me voici dans mon petit pays où je me plais beaucoup car il est entouré de grande forêts de pins », tu aurais la réponse. Quand j’y suis allé, j’ai vu qu’elle avait raison alors forcément je me suis mis à regarder les pins, j’en ai même photographié un et ramassé des aiguilles par terre.

TL –C’est ce qui te préoccupe depuis quelques jours. Qu’est-ce que tu en fais ?

PA – De la sculpture.

TL – Je t’en prie soit sérieux pour une fois, tu tripotes des aiguilles de pins que tu as ramassées n’importe où, il ne s’agit nullement de sculpture.

PA – Si, justement, d’abord ce ne sont pas des aiguilles, mais des feuilles, dans le cas présent réunies à la base par une gaine persistante.

TL – Et alors, je ne vois toujours pas où tu veux en venir.

PA – Moi, nulle part. J’ai remarqué qu’en séchant ces feuilles s’écartent l’une de l’autre et comme elles sont retenues à la base elles forment un joli triangle et je pense les proposer en tant que sculptures dans ma prochaine exposition.

TL – Et moi, je peux te garantir que personne ne va aimer ta brillante idée. Ils n’ont qu’à se baisser pour les ramasser par terre tes sculptures triangulaires.

PA – Eh bien qu’ils se baissent, je m’en fous.

TL – Jusqu’à maintenant je t’ai surtout vu les photographier tes feuilles de pin.

PA – Tu as bien vu, je faisais des photographies de sculptures.

TL – Tout à l’heure, je t’ai vu perfectionner tes sculptures en y ajoutant deux petits pétales de pivoine, tu es en forme aujourd’hui ?

PA – Pas spécialement, mais je trouve que ça ressemble.

TL – A quoi ?

PA – Devine.

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TL – Monsieur est de retour, tu disparais sans rien dire à personne, qu’es-tu allé foutre en Auvergne ?

PA – Je suis allé faire une exposition, essayé de gagner ma vie comme je te l’ai déjà dit et je peux t’assurer que si la première partie du programme est relativement agréable, la deuxième est loin de l’être.

TL – Quelle idée idiote de vouloir gagner ta vie, on t’en a fait cadeau alors boucle la et dis merci.

PA – Oui Madame.

TL – Je ne suis pas une dame !

PA – Una  bella ragazza ?

TL – Oh Paulo, tu me trouves vraiment belle ?

PA – Oui et je dirais que je préfère tes exhibitions aux miennes.

TL – C’était où ton exhibition ?

PA –Au Chambon-sur-Lignon

TL – C’est l’endroit où tu as des souvenirs et si je comprends bien ce sont eux qui sont devenus ton sujet. Encore une fois tu t’es arrangé pour en faire le moins possible.

PA – Je ne suis pas un fanatique du gigantesque et tout était sur place, les galets dans la rivière, le basalte dans la carrière, les souvenirs dans la mémoire et toi tu ferais mieux d’en parler au lieu de me poser des questions.

TL – Pas facile quand mes culottes se retrouvent par tes soins sur un morceau de basalte !

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TL – Tu te moques de moi, que t’a-t-elle écrit, l’image je m’en fous.

PA – Tu as tort, sans l’image tu ne comprendras rien.

TL – j’aurais dû m’en douter, tu vas tout faire pour ne pas me répondre.

PA – Avant de te faire lire le verso de la carte, je vais t’éclairer un peu. J’avais rencontré Mireille pendant les vacances en 1933 et en 1935 j’étais allé me promener, sur le bord du cratère du Vésuve, maintenant tu peux lire.

TL – Je comprends mieux ton goût pour cette région,   elle était devenue un peu mythique pour toi, sans y avoir jamais mis les pieds. C’est en 1993 que tu y viens pour la première fois ?

PA – Elle était présente dans mes souvenirs sans que j’aie fait le moindre effort pour voir sur place « le petit pays de Mireille ». Je suis très peu touriste.

TL – Et surtout paresseux…

PA – Si tu veux.

TL – En mars 2013 tu reviens et tu cherches une carrière de basalte et une de granite, c’était pour vérifier tes souvenirs ?

PA – Non pas du tout, ce n’était pour répondre à une demande.

TL – Précise un peu s’il te plait.

PA – Ça ne me plait pas tellement, mais je vais satisfaire ta curiosité. Il m’arrive d’avoir à gagner ma vie et c’est ce que je suis venu faire, choisir un bloc/sculpture pour un petit jardin de Mémoire, celle du lieu et aussi la mienne, c’est ce que j’appelle faire d’une pierre deux coups.

TL – Merci quand même ! Tu as de la chance, on te fait venir dans un endroit qui te tient à cœur, donc tu n’as pas beaucoup d’efforts à faire ce qui te convient très bien.

PA – Tu oublies que ramasser les miettes huit décennies après c’est quand même un sacré boulot.

TL – Ton « sacré » me fait un peu tiquer, à force de fréquenter les déesses, ne serais-tu pas en train de te confire en religion ?

PA – Tu peux te rassurer, mon adoration ne s’éloigne pas trop du bord de tes jupes.

TL – Oufa ! Va te coucher Paulo.

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TL – Tu vas faire défiler toutes tes amies ?

PA – J’aimerais bien !

TL – Et bien, pas moi. Tu nous en as déjà montré beaucoup ici même et je dois reconnaître que si le végétal a retenu  votre attention, le minéral est loin d’être absent. Comme c’est moi qui suis ton historienne attitrée (après Lydie toute fois), j’aimerais bien avoir de temps en temps l’initiative de ce que tu racontes et qu’au lieu de faire ton papillon ce soit mon tour de poser les questions et que tu cesses de répondre n’importe quoi suivant ta méthode habituelle.

PA – Je t‘écoute. Continuer la lecture de

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