TL – Tu vas nous en sortir beaucoup dans le même genre ?

PA – Beaucoup, je ne sais pas, quelques-unes certainement. Je ne parlerais pas aujourd’hui des fraises que Martine, Odile et Laurence, utilisèrent pour me montrer comment elles voyaient les menstrues de la déesse, par contre je peux te faire une petite liste : les algues avec Sophie, les figues avec Colette, les raisins avec Laure, les orchidées avec Thérèse, les cerises avec Rrose…

TL – Et c’est toi qui proposais ces intéressantes suggestions ?

PA – Je crois me souvenir que les algues et les orchidées étaient de mon cru, les figues et les raisins du leur. Ah, j’oubliais les mousses, l’aquatique avec Isabelle, la terrestre avec Laurence…

TL – Vous vous êtes bien amusés avec la Botanique, c’était autre chose que les excursions de ton copain Linné.

PA – D’abord Linné n’était pas mon copain, mais un de mes maîtres et je ne suis pas allé voir ce qu’il faisait quand il était avec sa chère Flora. Quant à nous (mes amies et moi) c’était souvent la mythologie qui guidait nos gestes. Avec Rrose nous évoquions Le temps des cerises, avec Sophie nous refaisions la naissance de Vénus en nous inspirant de Botticelli, avec Laurence c’était la manière dont elle voyait Artémis tout en m’assurant que je ne risquais rien.

TL – Et la déesse s’accommodait de vos histoires à la con ?

PA – Sans doute, puisque je suis encore là.

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PA – Je ne vais pas m’étendre à nouveau sur les charmes de la promenade et de l’herborisation sinon pour déplorer leur abandon quasi total.

TL – C’est ça, ne t’étends pas. Après l’entomologie, tu vas nous jouer un petit air de botanique, où veux tu en venir ?

PA – Aux divertissements qu’offre le monde végétal, tels que j’ai pu les rencontrer…

TL – Je te vois venir, on va avoir droit à une lecture sans fin dont tu as le secret ou à la florula de la rive droite de la Seine à Paris à moins que tu préfères les bords de la Tamise à Londres qui datent des années 70 et que tu vas ressortir de tes cartons.

PA – Je t’en prie cesse d’étaler ton savoir, je pense plutôt aux évocations de ma chère Artémis par le biais des Artemisiae que même pas toi n’a songé à réunir pour les porter à la connaissance du public qui n’aurait pas manqué, j’en suis certain, de s’en réjouir et de s’en inspirer.

TL – Je me demandais bien pourquoi tu récoltais en si grande abondance des feuilles de la vulgaris et de la maritima, maintenant je comprends c’était pour les proposer comme ornements à ton amie Enna. C’est vrai que vous êtes des artistes tous les deux et que réunis vous ne pouvez faire rien d’autre que de l’art. cqfd !

PA – Je pensais même pouvoir proposer cette approche de la nature dans les écoles.

TL – Bonne idée si tu veux finir lyncher sur le trottoir devant chez toi, c’est dangereux en ce moment de dire des choses pareilles.

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TL – Avec tes têtes à claques sortant de moules à gaufres officiels, je suis un peu perdue. Je ne savais pas que l’on fabriquait de telles têtes avec de pareils outils, c’est pittoresque, vous êtes des artistes dans ton pays.

PA – Des artistes je ne sais pas. Des abrutis plus certainement pour les supporter en silence. Peut-être qu’un jour nous allons faire le ménage.

TL – Tel que je vous connais j’en doute. En attendant quand je regarde par-dessus ton épaule, je constate que tu ne manques pas d’amies charmantes. Après Tuula qui en Finlande touche les déesses pour toi, Rrose attire les papillons en plein hiver et tu fais ton entomologiste empressé. J’ai bonne mine avec mes culottes rouges.

PA – Pas de crise de jalousie, je te prie. Tu fuis dans ton Etrurie natale quand tu ne peux plus supporter les têtes à claques et tu me laisses avec, alors j’ai besoin de Vanessa, de déesses et aussi de tes culottes rouges pour pouvoir continuer à vivre en si fâcheuse compagnie.

TL – Comme je ne porte pas les rouges toute l’année, je vais venir te réconforter avec un petit spectacle étrusque et t’en montrer d’autres en attendant l’été où je n’en porte plus.

PA – Rien ne peut me plaire davantage, surtout quand…

TL – Silence, j’arrive !

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Un mois déjà et ces dames et messieurs sont toujours insupportables. Nous avons un beau pays. Ce sont ces têtes à claques sortant des moules à gaufres officiels, qui me dérangent. Elles ont toutes les mêmes ambitions vicieuses, droite gauche confondues : celles de nous exploiter, de nous contraindre et de nous réduire au silence.

TL – Ça commence bien !

PA – Pas si mal que ça. J’ai une amie charmante (Tuula) qui en pensant à moi touche les déesses dans les parcs et m’envoie les images.

TL – Tu en as de la chance, mais moi qu’est-ce que je fais dans cette histoire. J’ai enfilé ce matin une belle culotte rouge pour te porter chance toute l’année et tu ne l’as même pas remarqué.

PA – Je m’excuse, mais d’habitude tu n’en portes pas!

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PA – Numérique ou pas une image reste une image et depuis la préhistoire, rien n’a vraiment changé. On nous a bassiné avec le langage du médium, je veux bien entendre ce qu’il a à me dire, mais n’exagérons rien, en fonction de ce qu’il montre, je ne l’entends pas beaucoup.

TL – Ça démarre sec ce matin, qu’est-ce qu’il t’a fait le médium, généralement tu ne lui accordes pas beaucoup d’importance, tu passes de l’un à l’autre sans problème, ce n’est pas la peine de te mettre dans des états pareils.

PA – Ce qui m’agace c’est la classification des artistes en fonction de ce qu’ils utilisent. Après les aquarellistes ce fut les photographes puis on nous a cassé les pieds avec les vidéastes, je sens venir les numéricastes.

TL – Et alors ?

PA – Alors rien. C’est certain, je n’aime pas les fins, pas plus celles de l’année que les autres, je suis plutôt pour les suites, ce qui me permet d’enchainer les évènements avec le plus grand plaisir. Je me suis aménagé une pratique de l’art convenant à mes sujets qui sont loin de plaire tant je m’arrange pour ne jamais les clore, mais au contraire de les laisser courir dans l’imaginaire des spectateurs. Après tout, puisque c’est à lui de faire le tableau, il n’y a aucune raison de l’en priver, c’est sans doute bien suffisant de lui en fournir les couleurs.

TL – Je t’écoute, mon joli, et je me dis que jamais je n’ai entendu si beau discours de paresseux. C’est vrai aussi que tu nous as dit souvent que « le travail » te dégoutte tellement que le mot suffit à te donner l’envie d’aller te recoucher, alors vas-y vite, il est 5h du matin !

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TL – Tu ne nous as pas tout raconté sur tes plages (pages ?) d’écriture avec Rrose, ni dit pourquoi elle emprunte ce prénom à la bien chère amie de Monsieur Marcel. Tu nous laisses entrevoir des choses et ensuite tu changes de sujet.

PA – Il me semble que c’est la journée des reproches, donc je vais essayer de te répondre.

1 – Je n’ai jamais pensé qu’il était indispensable de tout dire et que parfois le fait de laisser une porte entre-ouverte à l’imagination était une gracieuseté faite à nos lecteurs.

2 – Quant à Rrose, si tu veux connaître ses raisons, tu peux toujours t’adresser à elle. Tu verras bien si tu obtiens une réponse.

3 –  J’ai peut-être fait une erreur en ne mettant pas « page » aux pluriel, ce qui aurait permis de supposer d’il y en avait d’autres puisque je n’en montrais qu’une, j’aurais dû indiquer aussi que ces « pages d’écriture » étaient à deux mains ! Bon, tu vois que je suis bien repentant. J’espérais aussi des retours, des propositions, que sais-je moi et tu as été la seule à réagir. Mais aujourd’hui je vais combler l’impatiente que tu es (Impatiens noli-tangere L. j’espère que tu es ravie de ce rapprochement botanique !) et t’en dire un peu plus.

TL – Oui, oui, dépêche toi, il faut que je sache tout de toi, n’oublie pas que c’est moi qui dévoile au public tes souvent très obscures intentions.

PA – Alors écoute, Rrose fait des anagrammes et elle a écrit celui de mon nom sur moi, c’était en quelque sorte moi sur moi. Maintenant tu possèdes toute l’histoire.

TL – Ça, je n’en suis pas certaine !

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TL – Certaines (tains) de nos lectrices (teurs) se disent en attente après nous avoir lu, on se demande bien de quoi mais ça nous fait plaisir. De roselière en phragmitaie tu restes dans les lieux restreints que tu affectionnes. Si j’y ajoute ta dernière composition si bien titrée Solidifications devant la brûlante humidité des Nymphes, tu te distingues par la grande cohérence de tes préoccupations.

PA – Il me semble sentir une pointe d’ironie dans tes si pertinentes constatations, pourtant je t’avouerais que je me complais volontiers dans ces Contributions à l’étude des lieux restreints qu’il s’agisse des bords du Rhône à Lyon en passant par L’approche descriptive d’une plage ou ce qui dissimule si joliment l’origine, le « principal » comme l’appelait ma cousine préférée. Continuer la lecture de

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Aujourd’hui j’aurais bien fait quelque chose, encore faudrait-il être persuadé qu’il faille le faire. C’est une des questions que devraient se poser les artistes. On diminuerait la production d’au moins 50%. Il m’arrive comme ça d’avoir de bonnes idées en fin d’après-midi, surtout quand la nuit tombe et en novembre, elle tombe vite. Finalement je m’aperçois que j’ai trouvé ce que j’allais faire puisque je suis en train d’écrire.

Bien sûr, il y a d’autres supports pour écrire que l’écran d’un ordinateur, bien que je ne crache pas dessus loin de là, c’est moins fatiguant qu’une feuille de papier, ça n’encombrera pas les marchands de manuscrits ou de tapuscrits et avec un peu de chance il ne restera rien du tout. Chouette alors !

Il y a longtemps j’avais étendu le coloriage au corps de quelques amies et même proposé la méthode dans une petite publication : Le coloriage en trois leçons. Je pensais agrémenter les fins d’après-midi lors des réunions familiales. Et bien non, on préfère encore se languir avant de prendre congé, je suis pourtant certains que le coloriage de l’aréole du sein d’une charmante cousine par un cousin bien attentionné ou vice versa, aurait ravi les deux protagonistes de l’aventure et distrait le reste de l’assemblé. (voir sur ce blog Notula N° 26 en date du 25 02 2008).

Discutant de l‘écriture avec Rrose, qui était la vie de Monsieur Marcel (voyez, comme j’ai de belles et charmantes fréquentations), nous convînmes que le corps offrait de bien belles plages à l’écriture, qu’il la recevrait sans intermédiaires et deviendrait ainsi le lieu du poème. A la réflexion, je ne sais plus si nous avons dit plages ou pages, mais peu importe, nous n’en étions pas à une lettre près. On imaginait que la lecture en serait réservée à qui on voudrait bien inviter, que ce serait alors un instant privilégié et que l’écriture ouvrirait, suivant l’espace choisi, sur des perspectives pour l’instant inimaginables. Ainsi le « Puis-je vous écrire un mot ?» donnerait alors lieux à des attentions délicates (en cas d’acceptation) car pour écrire correctement sur la peau il est préférable de la tendre entre le pouce et l’index de la main gauche ou de la droite, c’est selon. Continuer la lecture de

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TL – Tu racontes des drôles de choses et j’ai l’impression que tu mélanges un peu tout, les sciences et les arts, à la fin ça devient difficile de savoir où tu nous emmènes.

PA – Mais je n’emmène personne nulle part, je ne suis pas une agence de tourisme. Tu sais très bien que je préfère rapprocher ce qui n’est pas très éloigné, la main de ce qu’elle va toucher, de ce qu’elle ne touche pas encore et que dans le moment suivant elle touchera. Par rapport aux grecques j’ai fait des progrès dans ce domaine. Quant aux sciences et aux arts, c’était bien artificiel de les séparer, bien stupide aussi, c’était pour nous faire croire que d’un côté se trouvait le plus grand sérieux et de l’autre la fantaisie la plus débridée alors que c’est tout pareil, des inventions très simples pour passer son temps de la manière la plus agréable qui soit dans un cas comme dans l’autre. Continuer la lecture de

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PA – La censure n’est pas seulement officielle, elle exista aussi beaucoup plus insidieusement. Je connais bien les réticences suscitées par la liberté du modèle ou ma manière de vouloir présenter le résultat de mes recherches lors de mes manifestations.

TL – Tu sais très bien ce qui dérange les contemplateurs de ton œuvre, comme tu les appelles, dans tes relations modélistes, c’est le toucher beaucoup plus que l’exhibitionnisme ou la mise en évidence (acceptée !) du voyeurisme qui déjà abolissait une distance. Avec le toucher tu franchis les derniers centimètres séparant ce qui se fait de ce qui ne se fait pas, tu bouscules ce que la morale (mais quelle morale ?) a érigée comme interdit. Quant à ta « manière » elle ne correspond pas à l’idée qu’ils se font de ce que doivent être les bonnes. Depuis que Monsieur Marcel leur a dit qu’ils faisaient le tableau, ils veulent aussi le présenter à leur façon et la tienne ne correspond pas à la leur. Jusqu’à maintenant ils pouvaient au moins choisir le cadre et voilà que tu leur enlèves jusqu’à ce petit plaisir. Ils ont l’impression que tu les prends pour des cons. Continuer la lecture de

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