TL – Monsieur est de retour, tu disparais sans rien dire à personne, qu’es-tu allé foutre en Auvergne ?

PA – Je suis allé faire une exposition, essayé de gagner ma vie comme je te l’ai déjà dit et je peux t’assurer que si la première partie du programme est relativement agréable, la deuxième est loin de l’être.

TL – Quelle idée idiote de vouloir gagner ta vie, on t’en a fait cadeau alors boucle la et dis merci.

PA – Oui Madame.

TL – Je ne suis pas une dame !

PA – Una  bella ragazza ?

TL – Oh Paulo, tu me trouves vraiment belle ?

PA – Oui et je dirais que je préfère tes exhibitions aux miennes.

TL – C’était où ton exhibition ?

PA –Au Chambon-sur-Lignon

TL – C’est l’endroit où tu as des souvenirs et si je comprends bien ce sont eux qui sont devenus ton sujet. Encore une fois tu t’es arrangé pour en faire le moins possible.

PA – Je ne suis pas un fanatique du gigantesque et tout était sur place, les galets dans la rivière, le basalte dans la carrière, les souvenirs dans la mémoire et toi tu ferais mieux d’en parler au lieu de me poser des questions.

TL – Pas facile quand mes culottes se retrouvent par tes soins sur un morceau de basalte !

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TL – Tu te moques de moi, que t’a-t-elle écrit, l’image je m’en fous.

PA – Tu as tort, sans l’image tu ne comprendras rien.

TL – j’aurais dû m’en douter, tu vas tout faire pour ne pas me répondre.

PA – Avant de te faire lire le verso de la carte, je vais t’éclairer un peu. J’avais rencontré Mireille pendant les vacances en 1933 et en 1935 j’étais allé me promener, sur le bord du cratère du Vésuve, maintenant tu peux lire.

TL – Je comprends mieux ton goût pour cette région,   elle était devenue un peu mythique pour toi, sans y avoir jamais mis les pieds. C’est en 1993 que tu y viens pour la première fois ?

PA – Elle était présente dans mes souvenirs sans que j’aie fait le moindre effort pour voir sur place « le petit pays de Mireille ». Je suis très peu touriste.

TL – Et surtout paresseux…

PA – Si tu veux.

TL – En mars 2013 tu reviens et tu cherches une carrière de basalte et une de granite, c’était pour vérifier tes souvenirs ?

PA – Non pas du tout, ce n’était pour répondre à une demande.

TL – Précise un peu s’il te plait.

PA – Ça ne me plait pas tellement, mais je vais satisfaire ta curiosité. Il m’arrive d’avoir à gagner ma vie et c’est ce que je suis venu faire, choisir un bloc/sculpture pour un petit jardin de Mémoire, celle du lieu et aussi la mienne, c’est ce que j’appelle faire d’une pierre deux coups.

TL – Merci quand même ! Tu as de la chance, on te fait venir dans un endroit qui te tient à cœur, donc tu n’as pas beaucoup d’efforts à faire ce qui te convient très bien.

PA – Tu oublies que ramasser les miettes huit décennies après c’est quand même un sacré boulot.

TL – Ton « sacré » me fait un peu tiquer, à force de fréquenter les déesses, ne serais-tu pas en train de te confire en religion ?

PA – Tu peux te rassurer, mon adoration ne s’éloigne pas trop du bord de tes jupes.

TL – Oufa ! Va te coucher Paulo.

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